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Filmosaure | September 24, 2017

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Journal de Cannes 2013 – Jour 2

Journal de Cannes 2013 – Jour 2
Stéphanie Valibouse

Durant ma courte nuit, je fais des rêves angoissés : une urgence au travail m’obligeait à faire un aller-retour Cannes-Paris et me faisait perdre une journée de Festival.

4h30 après m’être couchée, je suis réveillée pour la projection presse du matin. Celle-ci débutant à 8h30, il faut évidemment s’y rendre en avance pour avoir une chance d’entrer. Mais il s’agit de Jeune & Jolie, le dernier Ozon, que je ne veux manquer à aucun prix. Sans regret, car le film est agréable, un fait rassurant après mes deux déceptions de la veille. Mon carnet à notes de projo somnole, heureux d’avoir eu droit à quelques mots doux pendant la séance.

Carnet de projo filmosaure

Jeûne et folies

Et là, c’est le drame. Découragée par l’interminable file d’attente pour accéder à The Bling Ring, le dernier Sofia Coppola (et réaliste sur mes chances d’entrer avec mon petit badge jaune), j’atterris au McDo. Dès mon deuxième jour de festival, avec une volonté en mousse. Et surtout, à 10h30 du matin. Après avoir été si fière de mon accréditation durement gagnée, je réalise que paradoxalement, venir au Festival de Cannes te remet à ta place : du haut de mon microscopique blog français, je suis une toute petite fourmi perdue dans l’immensité des talents et audiences des personnes qui m’entourent.

De quoi guérir n’importe quel blogueur qui s’est perdu dans son égo : c’est à se demander pourquoi nous avons la chance d’obtenir des projections qui nous sont dédiées le reste de l’année. Il y a de quoi dissuader de réclamer quoique ce soit aux agences et attachés de presse. Il y a moyen de ne plus jamais râler ou etre déçu, ne plus jamais rien considérer comme acquis, et tout vivre comme un bonus. Je me fais un pense-bête mental, car même si je vis tout ceci comme une chance, j’oublie parfois comme beaucoup d’entre nous que les films ne nous sont pas un dû.

Un Nespresso plus tard (force 2, toujours suffisante à ce stade), et de retour en salle de presse pour écrire sur Jeune & Jolie, je me fais chier dessus par un pigeon. Mais au moins, la pluie diluvienne a cessé.

Premières larmes, premier départ

Je réussis à entrer in extremis dans la salle pour voir Fruitvale Station, le transfuge de Sundance en compétition dans la section Un Certain Regard. A défaut du film d’ouverture (The Bling Ring) que j’espère pouvoir rattraper le lendemain, sans grand espoir… Malgré ses longueurs, Fruitvale Station est un choc, et je verse mes premières larmes du Festival de Cannes.

L’oeuvre suivante, en sélection officielle, ne me fait ni chaud ni froid. Pire : Tian Zhu Ding (A touch of sin) m’ennuie tellement que je décide de quitter la salle. Le manque de sommeil et la perspective de trois articles supplémentaires à rédiger en rentrant ont raison de ma résistance. Je ne le vois pas comme un échec mais comme une protestation. D’ailleurs, je n’écrirai rien sur ce film (“c’est uneuh merde !”), puisqu’il n’y a absolument rien à dire sur l’heure que j’ai déjà consenti à me farcir.

Dehors, des festivaliers, accrédités ou Cannois, ont revêtu leurs plus beaux atours et font la manche avec des techniques plus ou moins originales pour recevoir une invitation à la montée des marches pour The Bling Ring. Ils savent que l’endroit est truffé de journalistes l’ayant déjà vu le matin et n’ayant plus besoin de leur ticket VIP.

panneaux invitations cannes

On me propose la Villa Schweppes ce soir, avec C2C en concert. Je devrais dire oui, mais je prends une décision à la con, motivée par la fatigue. Je veux une douche, je veux des cheveux propres, je veux un vrai repas assise à une table, avec des couverts. Je veux de l’eau, car je ne bois presque pas de mes journées, les bouteilles d’eau étant confisquées à l’entrée du palais, et les pauses-pipi faisant perdre un temps précieux. Bref, je rentre, et au lieu de me coucher tôt, je traîne sur Facebook, réponds à mes amis et écris deux articles pour me maintenir à jour.

Parce que finalement, je me surprends à rédiger un article entier par film visionné, au lieu des journaux quotidiens emplis de mini-critiques que j’avais prévus à la base. Je suis complètement dingue. Mais j’adore 100% des moments passés ici, galères comprises.

Suivez tout ce bordel en live sur mon Twitter : Eowenn

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