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Filmosaure | January 24, 2017

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7 Comments

Inside Llewyn Davis (2013)

Betty Elms
  • On November 19, 2013
  • http://cinemabook.wordpress.com/

Review Overview

Note
9

Repas de fête

Sortie (France) : 13 novembre 2013

Llewyn Davis est un musicien talentueux sans le sou, plongé dans un cauchemar irrésistible. Les frères Coen ont le don incomparable et unique de faire rire des malheurs tout en sublimant les personnages portés à l’écran à travers leurs aventures, ils deviennent tous de magnifiques loosers. Une invention géniale est au départ de l’histoire ; un chat roux oblige le héros à errer dans New York avec ce compagnon de fortune sous le bras. L’air de rien, ce petit animal si mignon devient le héros caché de ce grand film !

L’aventure débute avec un chat qui s’échappe de l’appartement dans lequel Llewyn squattait et qu’il doit alors garder avec lui pour le rapporter à ses propriétaires. Son périple va prendre des allures de voyage initiatique moderne. Son chemin va croiser des créatures inquiétantes, mythiques et grotesques. Parmi eux, l’inimitable et irremplaçable John Goodman tout en démesure et absolument parfait en producteur héroïnomane. Sa route semée d’embûches, doit le mener jusqu’à Chicago, dernier espoir pour réussir à vivre de sa passion.

 inside llewyn davis coen

Malgré tout ce que Llewyn entreprend, il le rate inlassablement. Il enchaîne les désillusions mais tente de survivre pour réaliser ses rêves. Il a connu un petit succès en duo, mais son compagnon s’est suicidé. Son album solo ne se vend pas, et il finit même à terre, battu par un étrange personnage à la sortie d’un bar. Il n’a pas de manteau pour l’hiver, passe de canapé d’amis universitaires en canapé de collègues musiciens. Il couche même avec la copine de son ami, puis se voit obligé de la supplier de l’aider. Rien ne va, quoi qu’il fasse.

Ce personnage, porté avec brio, embaume le film de son aura mélancolique et égale le mythique The Barber. De son périple ressort un univers noir figurant le pendant sombre d’O’Brother.

La musique tient ici un des premiers rôles. Joel et Ethan Coen font revivre le folk des sixties, la lumière et toute la mise en scène irradie de cet univers, inspiré des pochettes de disques de l’époque. La photographie est tout simplement somptueuse, avec cette touche vintage sur chaque lumière, chaque scène dans un club enfumé. Pas la peine d’être un amateur de folk, ni même de connaître Dave Van Ronk (l’inconnu chanteur de folk qui a inspiré le personnage Llewyn Davis) pour prendre son pied en écoutant notre héro à chacune de ses chansons qu’Oscar Isaac interprète lui même. Tous les moments musicaux sont joués sans coupes et sans play-back, certains acteurs sont de vrais professionnels (Justin Timberlake, étonnant folk singer vintage) ou de simples amateur pour le coup très doués, comme Oscar Isaac. L’acteur, et chanteur, incarne son personnage, porte le film et touche à la perfection de l’interprétation tant il personnifie Llewyn jusque dans la chair. Malgré le côté sombre et parfois minable de Llewyn, cet artiste honnête, victime de son intégrité, nous bouleverse. C’est un artiste maudit, jusqu’à ce dernier clin d’oeil, lorsque il jette sa guitare au détour d’un bar dans lequel résonne les note d’un artiste à la voix nasillarde, un certain « Bob »…, bien connue, qui fait ses débuts sur la scène du Gaslight Cafe… point de départ et d’arrivée de notre Odyssée.

 inside llewyn davis

Cette simple histoire, portée à l’écran avec génie sert une réflexion, et apporte un regard critique sur l’état du monde de de la scène artistique et, aussi, sur les effets pervers de la volonté marchande sans limite. Les dialogues sont savoureux, les personnages d’une profondeur incroyable, les émotions sincères. Ce Coen est une symphonie parfaitement dosée de tous les ingrédients d’un grand film, léger et tellement profond.

Les frères prouvent s’il était encore nécessaire que ce sont des génies de la narration. Ils portent avec finesse et poésie, sur une touche d’humour, un parfait regard ironique et généreux sur le parcours d’un homme dont le cœur est porté par son amour à la musique. Cette justesse provient du discours porté par leurs auteurs, pour faire exister un artiste dans un monde où il n’a injustement pas sa place. Même s’ils ont réussi à subsister dans le cinéma indépendant américain, s’ils ont réussi à imposer leur patte et à proposer des œuvres à contre courant, ils militent pour la création et l’art en général.

Mais au final, heureux qui comme Ulysse…

Synopsis

Inside Llewyn Davis raconte une semaine de la vie d’un chanteur de folk dans Greenwich Village en 1961. L’hiver est rigoureux sur New York, le jeune homme, toujours accompagné de sa guitare, survit comme musicien et affronte des obstacles qui semblent insurmontables, surtout ceux qu’il se met lui-même en travers de sa route. Des amis ou des inconnus, l’aident en l’hébergeant à tour de rôle, et en lui procurant des petits boulots. Ses mésaventures le conduisent des cafés du Village à un club désert de Chicago, jusqu’à une audition pour le géant de la musique Bud Grossman, avant de retourner là d’où il vient.  

Comments

  1. Rebonsoir, j’ai aimé l’atmosphère de ce film, les chats, la musique et l’acteur principal est formidable. Bonne soirée.

    • Merci de votre message, effectivement c’est une œuvre magistrale dans sa réalisation

  2. Obeebert

    Une critique magnifique, à l’instar de ce chef d’oeuvre.

    • Merci beaucoup, quand l’œuvre est belle j’ai à cœur de lui rendre hommage du mieux que je peux.

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