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Filmosaure | March 27, 2017

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Her (2014)

Betty Elms
  • On March 16, 2014
  • http://cinemabook.wordpress.com/

Review Overview

Note
10

Festin oculaire

Sortie (France): 19 mars 2014

Her nous raconte une histoire d’amour, si forte qu’elle est irréelle, une rupture si dure qu’on ne la voit pas. Spike Jonze nous montre l’espace pour nous plonger dans nos sentiments, le vide pour aller au fond de la condition humaine.

Spike Jonze prend son temps après chaque film, ce qui lui permet sans doute de trouver cette originalité si personnelle et ces histoires d’une tendresse infinie. Après un conte sur l’enfance pour adulte restés enfants (Max et les maximonstres – Where the wild things are), son dernier film continue de nous parler de l’apprentissage de la vie pour affronter le sentiment le plus fou qui existe : l’amour.

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L’action se place dans un futur pas si lointain, dans une société où l’individualisme est porté aux nues. L’humain n’arrive plus à percevoir les autres sans l’aide de la technologie. Les possibilités d’épanouissement passent par des intermédiaires, les émotions aussi. Theodore, notre héros (un Joaquin Phoenix toujours inspiré et étonnamment prodigieux) représente cet état de fait. Tout est ambivalence chez lui, il est déchiré par une rupture, mais gagne sa vie en écrivant des lettres d’amour pour les autres. Son existence est vide, heureusement il a des jeux vidéo, un téléphone rose et bientôt un ordinateur intelligent qui vient combler tout ce vide. Ca tombe bien, dans la vie réelle, il n’arrive pas à aboutir à quoi que ce soit, ni en amitié, ni lors de rendez-vous galants.

Her va très loin dans le concept en donnant au système informatique une totale autonomie, une intuition et une personnalité propre : aucune raison que ces deux-là ne tombent pas amoureux. Même si le corps n’est pas là, l’amour « existe » bel et bien. Après tout, c’est le cas également sur internet ou à travers un téléphone. Le film nous offre d’ailleurs quelques scènes de sexe virtuel absolument tordantes. Mais Samantha, le système informatique est un amour totalement « désincarné », représentant un idéal absolu, un fantasme inavoué.

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Ce phénomène qui peut sembler étrange ou surréaliste, préfigure une ère dans laquelle nous sommes déjà. Au détour de certaines images on se surprend à déjà avoir vécu telle ou telle situation. On se sent à l’aise dans cet univers moelleux et agréable. La mise en scène de Spike Jonze y est aussi pour beaucoup. Le film installe une atmosphère épurée et éternelle, des paysages futuristes, mais avec des looks retro. L’ambiance résolument contemplative prend pied à travers un découpage lent, associé à une bande son envoûtante (Arcade Fire) dans un ensemble harmonieux et parfaitement synchronisé.

La vie n’est qu’apprentissage, c’est en vivant que l’on apprend et qu’il nous est donné de devenir meilleur. C’est en tombant qu’on devient plus fort, c’est en se frottant à la rudesse de la vie, qu’on apprécie ses grands moments, en vivant, tout absolument et complètement. “L’amour est la démence socialement acceptée”, mais bien plus que cela. L’amour est la quintessence de l’humanité, parce qu’il se trouve au delà du corps et de l’âme quelque part entre les deux, comme cet écran noir pour nous laisser rêver et sentir les émotions. Samantha, le cinéma et Spike Jonze ont ce pouvoir magique de rendre réel ces sentiments. La vision de ce film est une expérience qui prend chair dans la salle entre nous et Theodore, entre nous et Samatha. Her se ressent, c’est pour cela que dans la salle de cinéma, en regardant l’écran, les yeux s’embrument sans crier gare. Et c’est réel.

Synopsis

Theodore Twombly est un homme compliqué qui n’arrive pas à se remettre de son divorce. Il découvre un programme informatique, capable d’évoluer et d’interagir. Ce système, c’est Samantha, une voix féminine intelligente, intuitive et plein e d’esprit. Les réactions et les désirs de Samantha évoluent, avec Theodore, et petit à petit, ils tombent amoureux…

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