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Filmosaure | December 15, 2019

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Sin City : j’ai tué pour elle (2014)

Florent Bodenez

Review Overview

Note
4

Fadasse

Sortie (France) : 17 septembre 2014

9 ans après un premier opus osé et réussi, Frank Miller et Robert Rodriguez remettent le couvert. Au programme : du sexy, de la vengeance, des histoires de familles et de la baston. Comme le premier… donc sans surprises.

Rien ne s’est arrangé à Sin City, ville du vice et de la loi du plus fort. Nancy (Jessica Alba) se trémousse sur le podium du bar Kadie’s Club Pecos en pleurant la mort de son ami John Hartigan, surveillée par le géant de muscles Marv (Mickey Rourke), qui se laisse vivre au rythme de l’alcool et des bagarres. Dwight (Josh Brolin qui remplace Clive Owen) est toujours là, à jouer les détectives privés pour les femmes trompées. Même s’il a perdu quelques éléments, le casting reste impressionnant, renforcé par l’arrivée de la sublime Eva Green et le chouchou d’Hollywood, Joseph Gordon-Levitt. Mais avec une aussi grande pléiade d’acteurs, il faut faire attention à ne pas tomber dans le « chacun sa scène, chacun son moment de gloire », ce que le film a du mal à éviter malheureusement. D’autant que la structure narrative du film renforce cette impression.

sincity1Comme le premier, on suit plusieurs personnages, donc plusieurs histoires. Ici, il y en a trois. La première semble amener dans un premier temps quelque chose de nouveau : Joseph Gordon-Levitt, alias Johnny, apparaît à l’écran, et débarque sûr de lui à Sin City avec de grandes intentions. Mais il va vite déchanter face à la pire crapule de la ville, le sénateur Roark. Le problème c’est qu’à la vue de la conclusion de cette première histoire, on reste largement sur notre faim, comme si elle n’avait servi qu’à meubler une panne d’inspiration.

Pourtant, les réalisateurs n’en manquent pas sur ce qui est l’attrait principal de l’univers de Sin City : l’esthétique et la réalisation en noir et blanc, parsemée d’effets cartoonesques et de touches de couleurs graphiquement superbes qui renvoient à la BD du même nom. Dans le premier opus, c’était dément. Dans le deuxième, le charme s’estompe un peu. D’autant qu’on a l’impression que Frank Miller, le dessinateur, fait un boulot monstre sur les décors et la lumière, et que Rodriguez, le vrai réalisateur, n’en fout pas une au vu des plans « normaux » assez laids qu’il nous offre. Le film n’a pas bénéficié d’une totale liberté dans les visuels comme a pu l’avoir le premier, et ça se voit.

sincity4La deuxième histoire est celle qui justifie le titre. Dwight, retrouve son amour de toujours, Ava Lord, incarnée par la française Eva Green. Une femme fatale qui joue avec les sentiments des hommes pour arriver à ses fins. Ce personnage est ce qui sauve le film : brillamment interprété, complexe, splendide et fascinant. Malheureusement l’histoire qui l’entoure traîne un peu la patte et devient au fur et à mesure grossière et incohérente, jusqu’à son dénouement.

« A Sin City, tout est possible ». Même de voir Lady Gaga jouer une serveuse désabusée et Christopher Lloyd passer du Doc de Retour vers le futur à un médecin grincheux qui maudit la ville et ses habitants. Deux clins d’œil plus gênants qu’autre chose, qui nous sortent littéralement du film et décrédibilise l’univers.

sincity3En fait, Sin City 2 c’est un peu une sorte de mauvais remake du premier, où tout semble avoir été raboté vers le bas. La recette ne fonctionne plus. Ici c’est juste bourrin, grossier et incohérent, malgré Eva Green. La seule histoire qui semble réellement dans la continuité du premier est la dernière, celle de Nancy la strip-teaseuse. Bien menée, elle nous rappelle avec brio la sombre magie qui nous avait emparé il y a neuf ans. Dommage qu’elle se termine sur une fin prévisible à des kilomètres à la ronde et qu’elle ne concerne que vingt minutes du film. Après ça, mieux vaut rentrer et se rassurer en revoyant Sin City, le premier, le vrai.

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