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Filmosaure | August 25, 2019

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Eden (2014)

Florent Bodenez

Review Overview

Note
5

Comestible

Sortie (France) : 19 Novembre 2014

« Eden tente de faire revivre l’euphorie des années 90 et l’histoire de la French Touch ». Voilà la promesse du film. Promesse à moitié tenue par la réalisatrice, qui en racontant le phénomène à travers l’histoire de son frère, DJ qui a baigné dans le milieu, n’évite pas la platitude d’un récit autobiographique nombriliste, malgré une sympathique virée dans le monde de la nuit.

La musique électronique est une entité importante en France, qui participe à son identité musicale à travers le monde. La fameuse French Touch, qui à travers des artistes comme les Daft Punk, Air, Cassius, Etienne de Crecy, Stardust ou encore Laurent Garnier, s’est popularisée hors de nos frontières à partir de la moitié des années 1990. Eden se veut être le premier film sur le sujet. Et oui, il en parle, mais en surface. Il ne fait que l’aborder en fait.

720x405-BgnvLn__eden_02_o2__8210716__1406599594Le récit se concentre sur l’histoire vraie de Paul, un DJ qui va monter le duo de garage « Cheers » dans les années 1990 avec un ami. Ils connaissent une petite ascension à Paris qui leur permet de rencontrer des producteurs, et de côtoyer Thomas Bangalter et Guy Manuel de Homem Christo, alias les Daft Punk, à leurs débuts. Ce qui rend le film assez passionnant au départ, c’est justement la présence des Daft Punk, (incarnés par Vincent Lacoste et Arnaud Azoulay). Ils sont les symboles de ce qu’est censé aborder ce film. A la manière du Joker dans The Dark Knight, on n’attend qu’un chose, les voir à l’écran. Ce qui donne des scènes assez jouissives : lorsqu’ils diffusent pour la première fois le titre Da Funk chez eux dans lors d’une soirée déguisée et semblent inquiets de la réaction de leurs invités. Ou lorsqu’ils se font refouler d’une boite de nuit parisienne car leurs habits ne sont pas convenables… avant qu’on informe le vigile de leur identité.

Voilà, ça c’est une partie de l’histoire de la French Touch, qu’il aurait fallu développer. Mais la réalisatrice fait l’inverse, et choisit plutôt de se concentrer sur l’histoire de Paul, modeste DJ, dans une forme de récit très libre, sans vraie structure narrative. Parfois ça passe vraiment bien, parfois c’est très plat. Et du coup on se laisse guider par les aventures du jeune homme dans le monde de la nuit : sa (relative) ascension, ses voyages, ses problèmes d’argents, ses différentes conquêtes, sa (relative) chute… C’est sympathique, mais sans plus. On n’assiste pas là à une véritable démonstration satirique et portraitiste de la fièvre électronique des soirées parisiennes. La faute à un personnage principal qui ne passionne pas énormément, et surtout qui représente une infime partie de la musique électronique, à savoir le « garage », sorte de mélange entre le Disco et l’électro. Du coup c’est rarement transcendant.

EDEN-3Et pour un film sur un genre musical, je n’en suis pas ressorti avec l’envie absolue d’écouter la bande-originale en rentrant. Celle-ci est banale, il n’y a pas de véritable pépite, et le fait qu’il n’y ait aucune scène musicale mémorable renforce ce sentiment. Le point fort d’Eden reste tout de même les acteurs, notamment Felix de Givry l’acteur principal, et Vincent Macaigne en animateur radio et producteur funky.

Au final, le gros problème d’Eden n’est pas le film en soi, qui s’en sort. C’est plutôt le fait de l’avoir vendu comme « LE film sur la French Touch ». Les attentes sont grandes et rarement comblées. Car il faut se placer au niveau du phénomène, et la réalisatrice se contente d’un produit banal, nombriliste et très codé « film français indépendant ». C’est trop lisse, un tout petit peu Daft, mais pas assez Punk.

Synopsis :

Au début des années 90, la musique électronique française est en pleine effervescence. Paul, un DJ, fait ses premiers pas dans le milieu de la nuit parisienne et créé avec son meilleur ami le duo «Cheers». Ils trouveront leur public et joueront dans les plus grands clubs de la capitale. C’est le début pour eux d’une ascension euphorique, vertigineuse, dangereuse et éphémère. C’est aussi le parcours sentimental d’un jeune homme qui accumule les histoires d’amour et qui n’arrive pas à construire.

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