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Filmosaure | November 17, 2019

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One Comment

Imitation Game (2015)

Florent Bodenez

Review Overview

Note
7

Appétissant

Sortie (France) : 28 janvier 2015

Couronné au Festival Sundance, Imitation Game apparaît comme un candidat de choix dans la courses aux Oscars, avec pas moins de huit nominations. Un film effectivement très calibré pour l’Académie, sur un héros méconnu de la guerre, mais porté par un Benedict Cumberbatch brillant et une histoire à l’ampleur incroyable.

C’est un sujet en or que développe ici le réalisateur Morten Tyldum. L’histoire d’Alan Turing, un mathématicien anglais, engagé en 1939 par le gouvernement au début de la seconde guerre mondiale pour tenter de déchiffrer le système de communication allemand, appelé Enigma, utilisé pour leurs opérations militaires. La clé du système étant différente tous les jours, le nombre de possibilités de codes se comptent en millions. Une mission quasi impossible, mais que Turing est certain de pouvoir réaliser. A condition que le gouvernement le laisse construire une machine à 100 000 dollars. A ce prix-là, il n’y a pas de place pour l’échec, et le gouvernement le lui rappelle à plusieurs reprises lorsque les résultats se font attendre.

imitationgamecast01 On suit donc Alan et son équipe dans leur quête, enfermés dans leurs bureaux, essayant de trouver chaque jour un moyen pour décoder Enigma avant que minuit ne sonne. Ils échouent… et recommencent le lendemain. Une routine entrecoupée de flashbacks sur le passé marginal d’Alan Turing, de séquences sur le déroulement de la guerre et de projections d’un entretien de police ultérieur. Évidemment, cette routine va être rompue, lorsque la solution sera enfin trouvée. Mais le combat pour gagner la guerre est loin d’être terminé à ce stade du film.

L’une des forces d’Imitation Game, que l’on ne comprend qu’après le visionnage, c’est son ampleur historique dingue. Sans dévoiler le scénario, ce qu’Alan Turing a entrepris a permis de sauver des millions de vies. Sur sa tombe devrait être inscrit « le Schindler inconnu ». Mais si l’histoire est encore aujourd’hui peu répandue, c’est que le programme est resté un secret d’État pendant plus de 50 ans, soit jusqu’au début des années 2000.

imitation_game_dancing_stillPlus qu’un film historique, Imitation Game est une œuvre sur un personnage à la fois complexe, froid et attendrissant. Alan Turing est un obsessionnel, sûr de ses capacités intellectuelles et qui n’hésite pas à le rappeler. Un être marginal, très fragile intérieurement tout en étant glacial humainement. Il tend presque à devenir ce qu’il construit, une machine, sans état d’âme, se résumant à sa rationalité. Il va jusqu’à se marier avec l’une de ses employées dans le seul but de la garder à ses côtés pour continuer le travail commencé. Paradoxalement, c’est un homme très susceptible et qui se replie à la moindre contrariété. C’est l’équilibre entre ces deux états qui vont lui permettre de venir à bout de ce qu’il a entrepris.

Et en se concentrant sur cet aspect du personnage, le film montre intelligemment comment les enjeux et les aboutissements historiques de la mission se retrouvent dans la condition psychologique de son protagoniste principal : c’est parce qu’il n’a pas d’état d’âme que son invention a pour but de gagner la guerre, et non de sauver tous les soldats. C’est par sa fragilité et son repli intérieur, renforcé par le secret sur son homosexualité, que la vérité ne remontera pas jusqu’au plus haut de l’État, mais restera à un niveau intermédiaire. Et c’est la combinaison des deux qui permettra à Turing de faire l’Histoire, tout comme elle entraînera son oubli et sa solitude profonde. Une alchimie résumée par une parole du personnage de Keira Knightley : « C’est parce que tu es différent que tout cela a été permis ».

the-imitation-game-whysoblu-4Cependant, cette complexité de personnage n’aurait pas été si réaliste si Alan Turing n’était pas campé par un excellent acteur, à la fois charismatique et unique. Et ici, le choix de Benedict Cumberbatch est parfait. Il est absolument excellent, complètement habité, et confirme une nouvelle fois son énorme talent. Le film est véritablement boosté par son interprétation.

Au delà de ça, on peut reprocher au film de faire dans un certain classicisme, formaté pour les Oscars, qui n’évite pas le paradoxe de jeux de mots sur son titre. Il y a en effet un jeu d’imitation qui s’opère avec des codes scénaristiques très classiques, et surtout très barbants : les flashbacks qui nous ramènent à l’enfant marginal exclu de tous, la voix OFF qui s’adresse indirectement au spectateur, la solution finale qui vient d’une parole anodine d’un personnage… Aussi, lorsque Morten Tyldum décide de filmer la guerre au plus proche, il hésite entre des images d’archives en noir et blanc et des scènes de combats très colorées, ce qui donne un mélange esthétique assez bâclé.

Imitation Game est donc assez classique dans sa forme, mais est intelligemment construit. Au vu de ses concurrents pour les Oscars (Boyhood et Birdman notamment), il ne devrait jouer que le seconds rôles dans les récompenses suprêmes, malgré un Cumberbatch exceptionnel.

Synopsis

1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Comments

  1. Christian Bodenez

    Bonne Anniversaire mon grand

    Bisous

    Tonton Christian

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