Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

Filmosaure | November 21, 2019

Scroll to top

Top

No Comments

Big Eyes (2015)

Stéphanie Valibouse

Review Overview

Note
7

Appétissant

Sortie (France) : 18 mars 2015

Le réalisateur d’Edward aux mains d’argent abandonne ses paysages torturés et ses délires oniriques le temps d’un biopic attachant.

Grand collectionneur des œuvres de Margaret Keane, le cinéaste dépeint les 10 années de mariage de l’artiste avec son escroc de mari, et le procès qui s’ensuit. Walter Keane, menteur pathologique et doté d’un sens exceptionnel des affaires, est connu pour avoir fait passer les œuvres de sa femme pour siennes afin de les vendre plus facilement. Connaissant un succès phénoménal dans les années 60, les tableaux de Keane, et notamment les fameux enfants aux yeux immenses, se vendent à foison et obtiennent les louanges des plus grands artistes tel Andy Warhol.

Tim Burton nous plonge avec délices dans l’univers des sixties. Son sens du détail et de l’atmosphère sont mis au service des costumes et décors admirables. Une bande originale dynamique et dans l’air du temps complète le tableau, épaulée des compositions de Danny Elfman, grand fidèle des films de Burton.

big eyes amy adams christoph waltz

Il faut avoir un penchant pour le cabotinage de Christoph Waltz afin d’apprécier pleinement sa performance, calquée sur les mimiques réelles de Walter Keane. L’acteur semble parfois trop en faire, mais ce n’est que pour mieux saisir l’exubérance et l’impulsivité du personnage : charmeur grandiloquent, manipulateur au quotidien, persécuteur dans l’intimité. Amy Adams, qui trouve moins l’occasion de s’exprimer, campe une Margaret Keane discrète sans être soumise, aux prises avec ses responsabilités de mère et attachée à ses peintures comme à des enfants. Elle les nomme d’ailleurs « my children » et semble vivre la situation comme une trahison semblable à l’infidélité.

Big Eyes est l’occasion pour Tim Burton de mettre l’accent sur le patriarcat, voire le sexisme latent aux Etats-Unis dans les années soixante : de telles œuvres peintes par une femme ne se vendraient pas aussi bien, nous dit-on – que cela soit vrai ou une pure invention de Keane afin de manipuler sa femme, et un mari déraisonnable le serait forcément pour le bien du couple, affirme l’Eglise sous les traits d’un confesseur peu empathique. A l’inverse, un personnage amical est créé de toutes pièces : DeeAnn (aux yeux immenses, elle aussi…) incarne cette part de Margaret éprise de liberté ; cette femme libérée des sixties qui sait ce qu’elle veut et ne se laisse pas faire. Lorsque DeeAnn se fait rare à cause des comportements abusifs de Walter, c’est le respect que Margaret a pour elle-même qui est remis en cause.

amy adams big eyes tim burton

Le film accuse quelques longueurs mais représente un véritable soulagement, essuyant les plâtres d’un Dark Shadows embarrassant et caricatural, d’un Alice au pays des merveilles boudé par la critique, et de quinze années d’agacement grandissant envers les lubies du réalisateur et ses acteurs de prédilection. Big Eyes ne sera pas le grand come-back attendu, mais a le mérite d’apporter un vent de fraîcheur à la filmographie étiolée de Tim Burton.

Synopsis

BIG EYES raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret. L’extraordinaire mensonge des Keane a réussi à duper le monde entier. Le film se concentre sur l’éveil artistique de Margaret, le succès phénoménal de ses tableaux et sa relation tumultueuse avec son mari, qui a connu la gloire en s’attribuant tout le mérite de son travail.

Submit a Comment