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Filmosaure | July 21, 2019

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Rogue One : A Star Wars Story (2016)

Stéphanie Valibouse

Review Overview

Note
6

Plaisant

Sortie (France) : 14 décembre 2016

Divertissant et agréablement rythmé, Rogue One confond malheureusement fan-service et véritable émotion. Une poignée de personnages attachants, dont notamment son héroïne Jyn, parviennent à rattraper l’ensemble.

Chaque nouveau réalisateur à la tête d’un nouveau Star Wars est attendu au tournant. Depuis le rachat par The Walt Disney Company, les fans attendent chaque opus avec un mélange d’excitation et d’appréhension : il s’agirait de ne pas trahir l’esprit de la trilogie d’origine. J. J. Abrams avait remporté le pari haut la main l’an dernier avec un Star Wars Episode VII : Le réveil de la Force si fidèle à l’œuvre de George Lucas qu’il en devenait parfois le reflet d’Un nouvel espoir – pour le plus grand bonheur de notre enfant intérieur.

Gareth Edwards (Godzilla, Monsters) est le genre de réalisateur qu’on n’est pas mécontent de voir à la tête d’un film de commande, car nous savons de quoi il est capable. Rogue One retrace la mission d’un groupe de rebelles récupérant un document secret, avantage de taille pour faire pencher la balance de leur côté et contre l’Empire. C’est donc l’histoire d’un groupe de héros de guerre inconnus jusqu’alors, à qui on rend enfin hommage car ils ont contribué à la victoire : Galen Erso (Mad Mikkelsen, encore plus sublime dans ses rôles tragiques qu’en bad guy), ingénieur pour l’Empire, sacrifiant sa réputation pour la cause, et sa fille Jyn (Felicity Jones), fausse orpheline comme cette saga sait en créer à la pelle.

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Dans la chronologie du Star Wars Universe, Rogue One se situe juste avant Un Nouvel Espoir, et souffre presque du potentiel immense que cette place privilégiée de lien entre deux trilogies lui accorde. C’est l’occasion de multiplier les clins d’œil, parfois subtils – Sénateur Organa vous ici ! – et parfois… un peu trop poussés ou maladroitement exécutés. Deux personnages en particuliers ont droit à un grand retour en CGI. Certes, leur présence n’est en aucun cas gratuite, et cette prouesse nous permet de constater l’avancée furieuse des effets spéciaux numériques, mais il en dégage encore une impression de fausseté : le grain de peau, le mouvement des lèvres, ou tout simplement parce que nous savons…

Mystérieuse et tête brûlée, Felicity Jones est parfaite en Jyn Erso. On y retrouve le stéréotype du personnage (trop souvent masculin) débrouillard et je-m’en-foutiste qui finit par se rallier à la cause – vous avez dit Han Solo ? Tout comme Ren, Jyn se fait une place immédiate au panthéon des héroïnes de film discrètement badass. Parmi ses acolytes, les hommes pâtissent parfois d’un manque de personnalité ; Saw Guerrera, personnage ambigü au rôle peu clair, ne semble être qu’un prétexte à la présence de Forest Whitaker… qui fait du Forest Whitaker. On repère surtout K-2SO, robot sarcastique dont les râleries dédramatisent régulièrement des enjeux forts. Chirrut Îmwe (Donnie Yen), Jedi aveugle au look de moine, est l’autre personnage secondaire déjà culte, garant du fil rouge qu’est La Force tout au long de la saga Star Wars.

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On pourra déplorer quelques choix scénaristiques complètement illogiques (sauvez-vous sans moi, je me sacrifie – euh mais non y’a carrément de la place dans le vaisseau et t’as le temps de venir avec nous – NON JE VEUX MOURIR MON PERSO NE SERT PLUS À RIEN) mais Rogue One reste néanmoins assez prenant. Nous nous attachons à cette cause qui nous est forcément chère, même si les rebelles ne sont pas tous parfaits. Avec Cassian qui avoue commettre le pire pour la rébellion, et Bodhi, ancien pilote de l’Empire, Rogue One fait le choix de briser l’image d’épinal du gentil rebelle toujours droit dans ses bottes ou du vilain soldat à la solde de l’Empire, et se permet de suggérer qu’aucune guerre n’est manichéenne – pas même celle de l’univers Star Wars.

Mais malgré ses qualités indéniables, il manque à Rogue One cette ambiance dont J. J. Abrams avait pourtant réussi à teinter Le réveil de la Force. Ce petit quelque chose dont la prélogie, trop aseptisée, manquait terriblement ; ce je-ne-sais-quoi, mélange de métaux poussiéreux et d’effets sonores désuets, qui cristallise tout l’esprit de Star Wars et nous fait retomber en enfance. C’est cette émotion profonde qu’on ne retrouve pas dans ce spin-off et qu’on espère vivre à nouveau dans l’Episode VIII. L’envie de continuer à voir nos personnages favoris n’en est que ravivée.

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