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Filmosaure | May 28, 2017

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Mobile Film Festival 2017 : 10 films à retenir

Mobile Film Festival 2017 : 10 films à retenir
Stéphanie Valibouse

Tout cinéphile un peu blasé des super-productions devrait se rendre une fois de temps en temps au Mobile Film Festival. La simplicité du concept – un téléphone portable, une minute de film – force les auteurs à rester concis. Ainsi, plus l’idée présentée est épurée, plus le métrage a de chances d’être efficace. Tout le challenge consiste à raconter une histoire et faire ressentir l’émotion en moins de 60 secondes, avec très peu de moyens.

Le fondateur Bruno Smadja lui-même le reconnaît : cette 12ème édition du Festival se démarque par sa sélection particulièrement engagée. Soumis à partir de novembre 2015, les 51 très courts métrages diffusés cette année sont les premier à être présentés depuis les attentats au Bataclan. Si aucun n’y fait spécifiquement référence, l’ombre de ceux-ci plane en fil rouge, ainsi qu’une poignée d’autres thématiques sociales ancrées dans l’actualité : les réfugiés, le féminisme, la vie LGBT, le rapport aux nouvelles technologies, et l’amour, tout simplement. Avec humour, ironie ou empathie, le Mobile Film Festival se fait le reflet de la société à un instant T, mais aussi celui de l’humanité intemporelle.

L’humour au service du message

Créer l’émotion en une minute, c’est extrêmement difficile. Pourtant, les meilleurs morceaux de la sélection remportent non seulement ce pari fou de faire rire en si peu de temps, mais aussi à le faire au service d’un message fort. Meilleurs Vœux et Soupe adoptent chacun à leur façon un ton grinçant, l’un pour dénoncer les inégalités de salaire homme-femme, l’autre pour se muer en critique de la situation sociopolitique en Tunisie.

Face à ces deux satyres, A Male Cat et son personnage en mal d’amour font plutôt figure de tragi-comédie, nous arrachant un rire désolé, empreint de compassion, qui pourrait presque se muer en larmes.

La technologie et ses dérives

Un Mobile Film Festival qui ne traiterait pas de la technologie en 2017 passerait à côté d’un sujet crucial qui façonne la manière dont nous communiquons et qui bouleverse notre rapport à l’autre. Les quelques très-courts-métrages dédiés au sujet ont des relents de Black Mirror, que ce soit volontaire ou non. Réseaux fait ainsi directement écho à Chute Libre (S03 E01) et son système d’avantages générés par l’influence en ligne. Un des épisodes de la série ayant fait le plus de bruit cette année, probablement parce qu’il met en lumière des pratiques déjà existantes et notre narcissisme sur les réseaux sociaux. Aller simple reste dans la même lignée, semblant d’abord dénoncer la superficialité ambiante sur Facebook, mais avec un dessein bien particulier.

Irréelle va droit au but, comparant réalité virtuelle et drogue dure. Enfin, la technologie ne sert parfois que de prétexte, vaisseau de la surveillance de masse dans A six degrés de Daesh. Nos conversations triviales seront bientôt teintées de paranoïa.

 

Les invisibles

Le phénomène le plus marquant de cette douzième édition du Mobile Film Festival était cette volonté des réalisateurs en herbe de dénoncer notre silence en donnant une voix à ceux qui passent trop inaperçus. Les réfugiés ne font malheureusement pas l’actualité comme il le faudrait et certains courts en appellent à notre empathie. Silent Screams, en particulier, montre ces objets simples laissés derrière soi lorsqu’on est contraint de traverser une mer pour se sauver, au risque d’y perdre la vie. Et parfois, on préfère sauver les apparences pour rassurer ses parents, comme le jeune héros de I love London.

Une poignée de main suffit à sceller le destin d’une jeune fille – trop jeune – à celui d’un homme qui sera peut-être aussi sa perte. Cela ne sera pas le seul segment féministe, mais c’est celui qui nous plonge dans le plus profond des malaises.

 

Et l’amour avant tout

L’amour et l’humour sont les deux ressorts les plus efficaces pour faire réagir en moins d’une minute, et certains l’ont bien compris. T’es un bonhomme nous souffle qu’être un homme, un vrai, signifie surtout d’assumer sa vulnérabilité.

Sur une heure de petits films, on en passe par toutes les dimensions de l’amour ou de son absence : filial, physique, nostalgique, amer, passionné. Et puis, il y a l’amour pur, celui qui guérit tous les maux et détruit celui qui en manque. Celui-là, nous le retrouvons dans un segment bouleversant de simplicité et sobrement intitulé Love. Pas besoin de plus.

 

 

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