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Filmosaure | September 24, 2017

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Le Jour le Plus Court 2012 à Etoile Cinémas

Le Jour le Plus Court 2012 à Etoile Cinémas
Stéphanie Valibouse

Créé en 2011, Le Jour le Plus Court est un festival national et international de courts-métrages se tenant lors du solstice d’hiver, le 21 décembre. Lors de l’édition 2012, le blog de La Filmosaure a eu la chance d’être jury, avec Stéphane Foenkinos (La Délicatesse), Julien Rappenaud et Catherine Winckelmuller, afin d’évaluer une excellente sélection de 7 courts-métrages à l’Etoile Cinémas de Saint-Germain-des-Prés. Le Prix du Jury a été attribué à Sac de noeuds tandis que le Prix du Public allait à Chacun sa nuit, avec une Mention spéciale du Jury pour Fais croquer ; les trois métrages seront donc à l’affiche de ce cinéma en 2013. Mais les 7 oeuvres ci-dessous ont été classées par ordre de préférence personnelle.

Pour rappel, un court-métrage est une oeuvre cinématographique pouvant durer jusqu’à 59 minutes. Promouvoir le court-métrage est un moyen de découvrir et encourager la diversité de jeunes talents.

CHACUN SA NUIT de Marina Diaby

Ma note : 8/10

Claire, mère célibataire, devient animatrice de visiophone pour adultes pour pouvoir nourrir sa fille. Chacun sa nuit s’aventure au creux de nombreuses questions éthiques et familiales : jusqu’où aller pour son enfant ? Quelle est la frontière qui, une fois franchie, fait sombrer dans la prostitution, au-delà d’une simple prestation téléphonique ? Claire teste en permanence ses limites, au risque de s’éloigner de son enfant pour laquelle elle a accepté ce travail en premier lieu. Peu à peu, son rôle de mère, omniprésent au départ, va s’effacer de l’écran, tandis qu’elle se fait entraîner malgré elle sur une voie dangereuse.

Y aura-t-il un retour ou une issue à la situation ? Tour à tour mère, putain, madone ou princesse, Chloé Shmutz livre une interprétation sincère, entière, dans cette oeuvre qui revisite le conte d’une Cendrillon déchue.

chacun sa nuit marina diaby

LE PAYS QUI N’EXISTE PAS de Cécile Ducrocq

Ma note : 8/10

L’innocence de Jeanne, petit ange de 12 ans, va voler en éclats en même temps que son enfance le jour où elle découvre que son père a une maîtresse en consultant son portable. Ironiquement, le drame silencieux se déroule lors de vacances familiales à Disneyland, incarnation du romantisme à l’ancienne et des rêves de jeunesse. En anglais, le titre sera traduit Neverland avec d’autant plus de signification : le pays où l’on reste enfant pour toujours n’existe pas. L’amertume d’une responsabilité d’adulte sera interprétée avec talent, tandis qu’un malaise grandissant nous étreint.

Cécile Ducrocq flirte avec les allusions incestueuses lorsque le père de famille est instigateur d’une conscience sexuelle chez sa fille, et de son passage brutal à l’adolescence. Les quelques scènes tournées directement dans le parc sont remarquablement choisies : un dragon symbolique de cette peur mêlée au désir de s’approcher plus près des relations adultes, et un passage brillant d’hypocrisie nauséeuse au pays des poupées chantantes. Reste à savoir ce que Jeanne fera de cette révélation.

TROIS SECONDES ET DEMI d’Edouard Beaucaump

Ma note : 8/10

Trois secondes et demi commence comme Amour, nous plongeant avec une silencieuse sobriété dans le quotidien d’un grand-père. Le parallèle cesse ici, et l’arrivée du petit-fils ponctuera la suite des évènements d’une tendresse propre aux histoires de grands-parents. Edouard Beaucaump livre ici un court-métrage très esthétique, à la photographie soignée, et aux émotions délicates. Malgré son titre, on pourra lui reprocher quelques longueurs, rattrapée par le jeu de ce duo d’acteurs très complémentaires.

Toute la valeur de la succession, voire du terroir, ne sera qu’effleurée grâce à de gracieuses allégories (les arbres), tandis que le scénario se focalise sur ce grand-père plein de vie qui entraîne un petit-fils un peu atonique à profiter de l’existence. Les 5 sens du jeune homme sont éveillés (son grand-père cuisine pour lui, lui fait écouter de la musique, etc.) le temps de quelques heures. Mais quelques heures seulement.

trois secondes et demi edouard beaucamp

SAC DE NOEUDS d’Ève Duchemin

Ma note : 7/10

A l’âge de 15 ans, Ève Duchemin se fait voler son sac. Plus tard, elle réalise des documentaires sur les jeunes de banlieue. Sac de noeuds résulte d’une juste alchimie entre ses fantasmes d’adolescente et son vécu derrière la caméra.

La mise en scène, en particulier, est excellente, jusqu’au générique de fin qui nous informera de la suite des éléments avec humour. Une scène en particulier, témoignera de la profonde synergie entre le scénario et la bande-son des plus originales, tandis qu’une poignée d’incohérences plombent légèrement le tout. Mais les deux acteurs principaux, entre attirance et répulsion, parviennent à maintenir une tension constante et à garder notre intérêt pour créer ce que nous espérons être un conte de fées des temps modernes.

DANS LA JUNGLE DES VILLES de Stéphane Dumoustier

Ma note : 6/10

Jérôme, retrouvant le sac “perdu” de Jean, va peu à peu s’immiscer dans sa vie et vouloir le remplacer grâce aux connaissances acquises en fouillant le sac. Ce court-métrage qui d’emblée partait sur un des scénarios les plus intrigants de la sélection, démarre avec talent pour malheureusement s’étioler et s’autodétruire par une fin décevante. L’acteur principal est parfait en loser un peu malsain, et la mise en scène intéressante, reflétant l’évolution progressive du personnage. Une histoire qui mériterait presque d’être adaptée en thriller long-métrage tant l’on reste sur sa faim.

Dans la jungle des villes - (c) Année zéro

FAIS CROQUER de Yassine Qnia

Ma note : 6/10

Réalisateur en herbe, Yassine tente de tourner un court-métrage avec ses potes de banlieue. Une entreprise complexe donnant lieu à de nombreuses situations farfelues et pleines d’humour. Si le scénario manque cruellement de consistance tout du long, l’interprétation est, elle, mémorable, et provoquera plus d’un rire. Une oeuvre imparfaite mais pleine de fraîcheur.

fais croquer yassine qnia

CE N’EST PAS UN FILM DE COWBOY de Benjamin Parent

Ma note : 5/10

Lorsque Brokeback Mountain passe à la télévision la veille, 4 pré-adolescents en discutent aux toilettes lors de la récréation. Côté garçons, le dialogue devient hilarant et touchant de maladresse. Côté filles en revanche, l’on reste de marbre face à deux actrices artificielles et une situation sans humour.

L’ensemble, intéressant, manque de spontanéité et se retrouve scindé en deux parties à la qualité très inégale, mais en reste non moins agréable à visionner.

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