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Filmosaure | January 16, 2019

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Anthologie des frères Quay (1985 – 2000)

Betty Elms
  • On September 9, 2014
  • http://cinemabook.wordpress.com/

Review Overview

Note
10

Festin oculaire

Sortie (France) : N/A

L’Etrange festival nous offre une Anthologie des frères Quay, présentée par leur distributeur, ED Films. Mais qui sont ces jumeaux identiques (il semble que l’appellation ait remplacé « vrais ») et mystérieux ? Terrés dans leur atelier de création londonien, qu’ont-ils apporté au monde de l’animation ?

Stephen et Timothy Quay sont nés en 1947, aux Etats-Unis. Ils ont étudié le graphisme et l’illustration avant de rejoindre le Royal College of Art de Londres, qu’ils ne quitteront plus. Dans les années 70 naissent leurs premiers courts métrages d’animation. Leur plus grande influence proclamée est Jan Svankmajer. Ils sont aujourd’hui considérés comme emblématiques, notamment grâce à leur court métrage « La Rue des Crocodies » (1986), projeté dans le cadre de cette anthologie, et qui a fait date. Terry Gilliam le classe, tout simplement, dans les 10 meilleurs films d’animation de tous les temps.

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Ils restent inconnus du grand public et ne s’offrent qu’à une sélection de cinéphiles, sans doute parce qu’ils sont restés dans un no man’s land des images, ni dans le cinéma, ni dans l’art expérimental. Heureusement, quelques festivals ont su les révéler. Mais l’image de savants fous leur colle à la peau. D’ailleurs, le distributeur présent ce samedi à l’Etrange Festival précise que sa petite fille avait écrit sur l’escalier menant à leur atelier « evil twins », alors que, vraisemblablement, ces messieurs sont adorables et tout à fait abordables. Quelques rares exceptions les ont fait sortir de leur zone d’ombre, notamment pour un clip que vous connaissez tous, «Sledge Hammer” de Peter Gabriel, et que vous pouvez redécouvrir avec bonheur :

C’est ensuite, en 1994, qu’ils se font connaître des cinéphiles avec « Institut Benjamenta », leur long métrage. Ils continuent de naviguer aux frontières de l’étrange, le film ne ressemble à rien et leur esprit intrigue. Ils resteront à jamais, classés parmi les génies originaux. Ils se sont offert la liberté absolue qui permet d’unir le cinéma à l’art, sans plus aucune possibilité de séparation pour le meilleur et le meilleur.

Cette discrétion est inversement proportionnelle à leur art, sans cesse réinventé et novateur. Bien que leurs œuvres restent sibyllines, ils réussissent à faire naître une forme de magie qui émane de chaque image, de chaque plan. Peut-être ce secret provient-il de leur gémellité ? Les frères travaillant et créant ensemble sont légion dans le cinéma, plus que dans tout autre art ; citons notamment, les Coen, les Dardenne, les Farrelly, etc.

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Parmi les courts-métrages proposés, j’ai choisi de vous parler brièvement d’ « In Abstentia » (2000). Vous avez d’ailleurs la chance de pouvoir le visionner, ci-dessus ! Inspiré d’un cas véridique de schizophrénie, accompagné d’une composition originale de Karl-Heinz Stockhausen, ce film de 20 minutes est rempli d’émotion. L’animation est au service de l’âme humaine en souffrance. Le mélange d’animation et de prises de vues est « cosmique » selon les mots même des jumeaux. La lumière du soleil londonien illumine les plans tournés dans l’atelier mystérieux des Quay. Nous assistons à une alternance de gros plans et plan larges, de couleurs et de noir et blanc. Les mêmes motifs qui reviennent créent une ambiance obsédante. L’univers des Quay nous est révélé… à vous de voir si vous désirez entrer dans ce monde fantastique.

Synopsis

Les frères Quay fondent leur propre société de production et ont participé à des clips et courts-métrages. Financés aussi par Terry Gilliam, ils développent un mythe autour de leur personnalité et de leur inventivité, sans pareille dans le monde de l’animation. Cette anthologie présente la tétralogie Stille Nacht, La Rue des Crocodiles, Répétitions pour des anatomies défuntes, le peigne et In Abstentia.

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