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Filmosaure | October 17, 2017

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The Bay (2013)

Stéphanie Valibouse

Review Overview

Note
7

Appétissant

Sortie (France) : 19 juin 2013

Il y a encore de l’espoir pour le found-footage. S’attaquant à un genre déjà saturé, Barry Levinson, qui se permet pourtant quelques incartades de style, relève le défi avec aisance.

La principale difficulté, lorsque l’on se lance dans le found-footage, est de prêter à son film une crédibilité due à deux facteurs. Premièrement, la question de l’auteur de l’enregistrement : comment les événements filmés l’ont-ils été dans la continuité malgré leur caractère extraordinaire et souvent dangereux pour les protagonistes ? Cannibal Holocaust, précurseur du genre, ou plus récemment [REC], sous forme de reportage à scoop dont la journaliste n’allait de tout évidence pas manquer une miette, avaient bravé cette difficulté, tandis que d’autres s’y cassent les dents, faisant courir les personnages un ordinateur portable à la main et autres situations rocambolesques (mentionnerai-je encore Paraormal Activity 4 ? Allez, oui.).

Le deuxième obstacle, de moins en moins respecté, est celui de la “virginité” de l’enregistrement : la notion même de found-footage sous-entend que le film soit une trouvaille, sitôt visionnée, et non modifiée entre sa création et sa consommation. L’on imaginerait presque à tous les coups les bobines de Super 8 poussiéreuses de Sinister (dont les passages en found-footage sont absolument terrifants).

the bay barry levinson journaliste

Les puristes du genre objecteront que Barry Levinson a opté pour la voie de la facilité en ne respectant pas les conventions habituelles propres au found-footage puisqu’il recourt clairement à un montage, voire même à une bande originale afin d’accentuer la tension dans certaines scènes. Aux enregistrements de sécurité succèdent les messageries téléphoniques et autres reportages d’information. En ce sens, il est bien moins pertinant que [REC], dont il reprend le procédé journalistique sans cette continuité qui en avait fait la force. On pourrait même lui reprocher un excès de montage et quelques effets de jump-scare sonores complètement inappropriés au genre.

Mais on pardonne à The Bay ces petites tricheries et son format hybride au vu de son efficacité globale. S’écartant des thématiques rabâchées d’exorcisme, spectres et autres monstres, Barry Levinson se lance dans une thématique qui au final s’avère bien plus terrifiante puisqu’elle se rapproche de préoccupations et inquiétudes propres à notre époque. De quand date le dernier scandale lié à l’eau potable ou aux eaux minérales ? Quelques semaines à peine… Dans un contexte lié aux crises alimentaires et à méfiance envers les industriels, cette épidémie d’isopode dévoreur de chair n’est pas si éloignée de la vérité et pourrait tout à fait trouver un triste écho dans les informations. Subtil, The Bay laisse l’horreur s’installer peu à peu et trouve à peine le besoin de pousser la vraisemblance dans ses retranchements pour mettre le spectateur mal à l’aise.

the bay barry levinson dead oceanograph

Les éléments graphiques ne nous sont d’ailleurs pas épargnés. Cadavres rongés, bestioles étranges, plaies purulentes hantent The Bay, s’assumant pleinement, sans nul besoin de brouiller l’image ou de faire hurler continuellement ses personnages pour s’en sortir. Mais le film n’est pas non plus avare de suggestion, tout aussi angoissante, voire pire que lorsque les choses nous sont clairement énoncées. Dans tous les cas, le malaise est omniprésent.

A l’inverse de beaucoup de ses aînés, The Bay tente même d’insuffler un peu d’empathie envers ce “personnage” central qu’est la petite ville de Claridge : innocente, insouciante, à la merci de la négligence des uns et des autres, victime d’un soupçon de théorie du complot. Nous sommes bien loin du schéma typique de la bande d’ados décérébrés qui ne méritent que ce qu’ils ont (coucou V/H/S, Le Projet Blairwitch, etc.).

the bay barry levinson claridge

The Bay prouve donc à de nombreux égards que le found-footage n’est pas voué à la médiocrité. Si elle n’est pas dénuée de défauts, cette reconstitution parvient à demeurer crédible et à nous maintenir en haleine tout en arrachant quelques grimaces de dégoût. Et exploite, par la même occasion, un filon dans lequel d’autres ne manqueront pas de continuer à s’engouffrer : l’horreur écologique. Barry Levinson affirme d’ailleurs que les faits sur lesquels se base son film sont “véridiques à 80%”. Rassurant.

Synopsis

La petite ville côtière de Claridge, à Chesapeake Bay, doit sa prospérité à l’élément aquatique. Lorsque deux biologistes français relèvent un affolant niveau de toxicité de l’eau et tentent d’alerter le maire, ce dernier refuse de semer la panique dans sa paisible cité. Inaction fatale, puisqu’une épidémie mortelle ne tarde pas à se répandre, qui voit les habitants se transformer en hôtes de parasites mutants qui prennent le contrôle de leurs esprits, tandis que Cheaspeake Bay sombre dans l’horreur…

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