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Filmosaure | December 16, 2019

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SOS Fantômes (1984)

Gibet
  • On October 20, 2014

Review Overview

Note
6

Plaisant

Sortie (France) : 1 juin 1984

Ces dernières semaines, la franchise SOS Fantômes, grâce au trentenaire du premier film et à l’annonce d’un troisième opus en forme de reboot à l’œstrogène, fait couler beaucoup plus d’encre qu’elle n’en a jamais fait couler. À vrai dire, c’est beaucoup trop d’encre. Car, à le revoir en 2014, on se rend que le SOS Fantômes initial n’est presque jamais à la hauteur de sa réputation.

Que le film ait des fervents défenseurs, on le conçoit. Du moins, tant que ces défenseurs ont au moins 30 ans. Il faut avoir été adolescent dans les années 80 pour vraiment saisir ce dont il est question. SOS Fantômes est un pur produit des eighties. On y sent la volonté d’absorber toute l’époque pour en obtenir la quintessence, de réunir toutes les forces en présence pour produire le meilleur divertissement possible à ce moment. Hop, on prend toute la team comique en vogue (Ivan Reitman, Harold Ramis, Dan Aykroyd, Bill Murray), on ajoute des acteurs externes déjà côtés (Sigourney Weaver en tête), on saupoudre d’une direction artistique so 80’s (mon Dieu cette BO), enfin on met le tout dans un récit typique à base de revalorisation du cinéma d’épouvante, et de problématiques du style « comment devenir un winner sans perdre son charme de loser ? ». On parvient sans trop d’effort, en revoyant SOS Fantômes, à imaginer la joie du gosse qui découvre un aboutissement des cinémas qu’il aime via un long-métrage auquel on ne pourra à aucun moment reprocher le manque d’ambition. C’était le temps savoureux où les VF était bonnes et où d’un film qui marchait découlait automatiquement une série animée. Cette joie, on ne la ressent pas.

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SOS Fantômes, avec le recul, ce n’est pas si bien que ça. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas le pan horrifique du film qui a le plus mal vieilli. C’est dans les phases humoristiques que le film embarrasse le plus, car leur rythme est incroyablement mou. Ça se sent dès les premières minutes : d’abord il y a l’introduction premier degré, c’est efficacement menée, peut-être même plus efficacement que dans un film d’horreur moyen (le plan où deux ou trois livres se mettent à flotter d’une étagère à l’autre tandis que la vieille bibliothécaire a le dos tourné m’enchante) ; vient alors la scène d’exposition du personnage de Bill Murray et subitement, le soufflé retombe. On passe trois minutes sur une situation dont on a fait le tour en trente secondes – Bill Murray mène un test psychologique duquel il profite, pour parallèlement torturer un type et draguer une blondinette – et dont le timing surtout est super étrange, comme si tous s’étaient donnés la consigne de faire des pauses entre chaque gag pour laisser le temps au spectateur de rire. Alors bien sûr, Bill Murray fait le boulot, mais comme il n’a pas grande matière à travailler, ça donne surtout une majorité de moments sans vitalité où on est là, à le regarder attendre que le film passe à autre chose. Et si on se sent obligé d’être conquis car d’avance on aime Billy, le fait est que ça tourne à vide.

L’interrogatoire de la bibliothécaire, qui n’est présent dans le film que pour permettre à Bill Murray de briller, contient certes une ou deux répliques drôles mais l’acteur n’a que ça pour faire tenir une séquence de quarante secondes. Il se voit contraint de faire attendre les blagues comme si elles étaient géniales, alors que ce ne sont que des blagues passables, et à cause de l’effet d’attente, elles tombent toutes à plat. Encore plus symptomatique, après le sarcasme « Go get her ! » dans le dernier acte, les monteurs laissent dix secondes de blanc. Dix secondes de blanc, en plein climax. Et que faire de Dan Aykroyd qui se met à cabotiner par fulgurances, genre « je louche car une fille me fait une gâterie » ou « je cours dans tous les sens comme Benny Hill car je panique » ? Il n’y a aucune unité de ton dans le film, c’est comme s’ils plaçaient après une séquence de Buster Keaton un gag de Jerry Lewis. Dans l’absolu, ça peut être amusant, mais ici ça sent trop le produit, ça dit trop « il faut que chacun des acteurs ait son petit morceau de bravoure ». Au lieu d’assister à la réunion d’acteurs aimés, on voit essentiellement chacun de ces acteurs jouer chacun son tour. Informe, radin, frustrant, voilà l’humour de SOS Fantômes.

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Puisque la joie procurée par SOS Fantômes est contextuelle, l’idée d’en faire un remake est tout à fait recevable. C’est probablement la proposition de remake la plus pertinente à laquelle on ait eu affaire depuis bien longtemps. Qu’est-ce que les nouveaux Spider-man, les nouveaux Planète des singes disent mieux que les anciens ? Rien, car ils essaient de mettre au goût du jour ce qui n’a pas vieilli. Avec SOS Fantômes, au contraire, on a un high concept inépuisable, qui pourrait facilement conquérir de nouveaux publics, mais qui est rendu à moitié inaccessible par son emballage trop daté. Il suffit que les faiseurs soient un peu habiles à saisir la substantifique moelle de la pop culture 2010’s et en 2045 quelqu’un pourra écrire que SOS Fantômes 3, malgré ses fervents défenseurs, n’est pas à la hauteur de sa réputation.

Synopsis

Trois chercheurs, Peter Venkman, Raymond Stantz et Egon Spengler, sont virés de leurs postes. Dès lors, ils décident d’ouvrir une société d’investigations paranormales nommée SOS Fantômes.

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