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Filmosaure | March 27, 2017

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7 Comments

The Dark Knight (2008)

The Dark Knight (2008)
Stéphanie Valibouse

Ma note : 10/10

Sombre, différent, édifiant. Après un Batman Begins intriguant mais loin d’être exceptionnel, Christopher Nolan se surpasse et nous livre le chef-d’œuvre des films de super-héros. Heath Ledger en particulier, dans le rôle du Joker, s’illustre dans une prestation mémorable qui lui vaut un Oscar à titre posthume.

The Dark Knight est le 3ème plus gros succès de tous les temps au box-office mondial, après Le seigneur des anneaux : Le Retour du roi et Titanic.

SYNOPSIS

Dans ce nouveau volet, Batman augmente les mises dans sa guerre contre le crime. Avec l’appui du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur de Gotham, Harvey Dent, Batman vise à éradiquer le crime organisé qui pullule dans la ville. Leur association est très efficace mais elle sera bientôt bouleversée par le chaos déclenché par un criminel extraordinaire que les citoyens de Gotham connaissent sous le nom de Joker.

(source)

THE DARK KNIGHT, THE WHITE KNIGHT AND THE FOOL

Loin de sortir un énième film du genre, Nolan creuse ses personnages, et confère à certains une profondeur et une complexité qui nous implique bien plus dans la découverte de leur évolution.

Christian Bale, dont le personnage était encore porteur d’une certaine forme d’optimisme et d’espoir dans Batman Begins, s’est assombri en même temps que l’univers de Gotham.

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Peu à peu, la dualité qui caractérisait Bruce Wayne / Batman s’estompe pour ne laisser place qu’à sa facette sombre : le Chevalier Noir. C’est au paroxysme de ce phénomène qu’il prend sur lui toute la responsabilité des crimes commis sur Gotham, et ce n’est que lors des toutes dernières secondes que nous comprenons la signification entière du titre du film. L’identité du chevalier noir l’a tant enveloppé que le nom de Batman ne figure même plus dans le titre du film.

Face à lui, un nouveau personnage : lumineux et idéaliste, Harvey Dent, porté par Aaron Eckhart, vise à éradiquer la criminalité à Gotham City. A l’inverse de Batman, il le fera au grand jour, au péril de sa vie, et symbolise le Chevalier Blanc destiné à sauver la ville. Dans Batman Begins, je disais que la bande originale à 4 mains de Hans Zimmer et James Newton Howard était représentative de la dualité présente chez Bruce Wayne / Batman. Ici, comme celui-ci glisse peu à peu vers l’obscurité, et presque réduit au rôle de chevalier noir, c’est aux notes sombres de Hans Zimmer seul qu’il doit son identité sonore. Les accords lyriques porteurs d’espoir, signature reconnaissable de James Newton Howard, reviendront à Harvey Dent.

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L’on apprécie également le processus transformant Harvey Dent en Double-Face, y compris les signes avant-coureurs que l’on n’aura pas manqué de noter, notamment l’utilisation inopinée de sa fameuse pièce révélant une face plus sombre de sa personnalité. Bien plus effrayant que le Double-Face de Tommy Lee Jones dans Batman Forever et moins euh… caoutchouteux. Il y a une certaine jouissance à le voir basculer sous nos yeux en un personnage brisé… en deux.

Le thème de cette dualité qui reste omniprésent pendant toute la durée de cet opus et particulièrement attachée au sort de Harvey. Sa pièce dont une face est brûlée représente tant son nouveau visage que le sort qui a décidé que de lui et Rachel, un seul serait sauvé.

You either die a hero, or you live long enough to see yourself become a villain.

Harvey Dent Two Face

Et pourtant, tous deux pâlissent devant la prestation exceptionnelle de Heath Ledger : sobre, effrayant, et même émouvant en Joker  (un Oscar posthume pour ma part anticipé dès la sortie du film, et largement mérité). Parmi les acteurs pressentis, d’autres personnages intéressants, dont Robin Williams en particulier (j’aurais été curieuse de voir ça). Extrêmement différent de tous les Jokers joués jusqu’à lors, il se distingue par un personnage plus subtil, au passé douloureux mais flou. Le résultat de 6 semaines d’intense préparation, passées seul à s’entraîner dans une chambre d’hôtel, à ressasser les idées noires qu’aurait pu ressasser le Joker, afin d’emprunter ses tics, et de se mettre au maximum dans la peau du personnage. La légende dit qu’il s’est inspiré de Sid Vicious et du personnage d’Alex dans Orange Mécanique (brrr).

Tout le paradoxe du personnage est son discours récurrent de “Why so serious” alors qu’il est le moins “clownesque” des Joker que l’on ait connu jusqu’à présent, ce qui en fait le plus charismatique et le plus effrayant de tous.

Sa folie ne se manifeste plus à grands éclats de rires déments mais avec une sorte de calme cynique, dont les conséquences seront dévastatrices. Il est l’incarnation même du chaos sans raison ni but autre que celui de la destruction.

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Il choisit de détruire une des meilleures choses qui soit arrivées à Gotham City depuis des décennies en “souillant” Harvey Dent, en le faisant basculer vers l’obscurité et la folie. S’il avait choisi de le tuer, il serait mort en héros, ce qui aurait été porteur d’optimisme. Mais le Joker veut éradiquer tout espoir. Il parvient même à lui communiquer sa folie en lui délivrant le message parfait “dans le chaos, il y a la notion de justice”. Chacun est sur le même plan, comme lorsqu’une pièce est lancée en l’air. “Madness is like gravity : all it takes is a little push !”.

De même, il tente de détruire Gotham non seulement physiquement, mais également en noircissant son âme, en faisant basculer ses habitants dans la paranoïa et en les faisant se tourner les uns contre les autres (le dilemme des deux bateaux).

Some men just wanna watch the world burn.

Ce sera un choc pour tous lorsque l’acteur décède en janvier 2008 à l’âge de 28 ans seulement, et ce alors que le film n’est pas encore sorti.

AH OUI QUAND MÊME

Si l’on avait peur de s’ennuyer, aucune inquiétude : les scènes d’action sont à couper le souffle, avec de nouvelles innovations concernant les “bat-accessoires”, notamment une

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putain de moto qui déchire sa race et un camion qui effectue un tonneau en live, tourné dans les rues de Chicago.

L’on voit encore plus Batman se battre, grâce à une technique appelée la Keysi Fighting Method, déjà utilisée dans Batman Begins mais aussi notamment dans Mission Impossible : 3, Quantum of Solace, Munich, Le choc des titans…. Issue du Jeet Kune Do de Bruce Lee, et signifiant “depuis le coeur”, c’est une méthode très instinctive qui “part des tripes” et accentue le côté bestial de Batman lorsqu’il est en plein combat.

Nolan ne commet aucune faute de rythme et les 2h20 passent en un clin d’oeil, nous amenant à un des plus beaux finaux de toute l’histoire du cinéma, tremblants d’émotion, le cœur battant, presque au bord des larmes. Une grosse claque dans la gueule.

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Lorsqu’au début du film Harvey Dent déclare lors d’un dîner en présence de Bruce Wayne “You either die a hero, or you live long enough to see yourself become a villain”, il était loin de savoir que sa déclaration serait prémonitoire. Plus tard, il se fait passer brièvement pour Batman, un sacrifice presque sans conséquences sur le moment, mais qui trouvera un triste écho lorsque c’est le Dark Knight qui, à son tour, fera de même. Sa transformation en Double-Face demeurant inconnue au grand public, Batman décide d’endosser la responsabilité de ses crimes : ainsi, officiellement, Harvey Dent demeure un héros jusqu’à la mort, un Chevalier Blanc, qui aura protégé Gotham jusqu’au bout et lui aura apporté l’espoir non souillé d’un véritable combat contre le mal.

Not the hero we deserved, but the hero we needed. A knight… shining.

Comments

  1. Rena

    Batman begins avait été une énorme surprise pour son respect de l univers du chevalier noir et se présentait comme une très bonne adaptation de la bd. Le seul problème mais minime, nolan ne sait pas filmer les scènes d’ action, problème non élucidé avec tdk. The dark knight justement qui prend de grandes libertés vis a vis du concept original mais qui prouve que malgré cet écart il est possible de respecter les grandes lignes des personnages : mention spéciale pour Gary oldman qui est la meilleure représentation du commissaire Gordon et d’ un personnage de bd en général. En somme un très bon film dont on attend la suite avec impatience.

  2. Je suis tombé sur cette perle en fouinant sur le sujet Heath Ledger.
    J’ai pensé que tu y serais sensible 🙂

    Une des grandes inspirations pour le Joker => Tom Waits sous acide.
    La ressemblance dans la voix est terrifiante.

    http://www.youtube.com/watch?v=gCSc6E4yG9s&feature=youtu.be&t=1m33s

    • La Filmosaure

      Wahou, impressionnant en effet… belle trouvaille ! Merci 🙂

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