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Filmosaure | June 29, 2017

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2 Comments

Yves Saint-Laurent (2014)

Stéphanie Valibouse

Review Overview

Note
8

Savoureux

Sortie (France) : 8 janvier 2014

Pierre Niney dévoile l’ampleur de son talent d’acteur dans une interprétation éblouissante du jeune créateur. Amours tumultueuses et défilés étourdissants rythment ce sombre et émouvant bal consacré à la genèse de la maison Yves Saint Laurent.

Disparu en 2008, l’impertinent artiste marque toujours les esprits ; en attestent les deux films en préparation inspirés de sa biographie. Bertrand Bonello, en charge du deuxième, intitulé Saint-Laurent, et surtout Gaspard Uriel qui en incarnera le personnage principal, auront fort à faire pour retenir l’affection du public après la sortie de cette tranche de vie signée Jalil Lespert.

Pierre Niney Guillaume Gallienne Yves Saint Laurent

Appuyé par Pierre Bergé en personne, Yves Saint Laurent relate les jeunes années de l’homme qui fut son amant, avec un passage par la Maison Dior dont il devenait le Directeur Artistique à 21 ans seulement, et les deux décennies qui suivent la création de sa propre maison de haute-couture. Choix politique ou respect de l’histoire : avant d’être la chronique d’une légende de la mode, Yves Saint Laurent est consacré à l’histoire de deux hommes, Yves et Pierre, qui se sont aimés et déchirés des décennies durant. Inséparables malgré les jalousies, tromperies et différences, l’homme d’affaire sérieux et l’artiste éthéré traceront leur idylle sans épargner leur entourage fluctuant.

C’est surtout grâce à un duo d’exception et à une direction d’acteurs remarquable que ce parti pris fonctionne : Guillaume Gallienne, consigné au rôle sans charme de Pierre Bergé, trouve difficilement l’occasion de briller, mais parvient à rendre touchant ce petit homme au physique ordinaire évoluant dans l’ombre d’Yves Saint Laurent. A l’inverse, Pierre Niney crève l’écran, possédé par la personnalité du créateur, de timidité maladive en colères destructrices, de dépression en euphorie sous substances, et toujours en adoptant le ton de voix et l’énonciation si caractéristiques qui lui étaient propres. On remarque également Charlotte Le Bon, délicieuse Victoire, muse et égérie du créatif insatiable, seule femme qu’il eût, selon lui, voulu épouser. A son opposé et quelques années plus tard, Betty Catroux portera les fameux tailleurs-pantalons symboliques de la libération de la femme des années 1960, et c’est Marie de Villepin qui l’incarne ici avec succès.

Yves Saint Laurent Pierre Niney Marie de Villepin

Presque dépeintes comme une descente aux enfers, les frasques d’Yves Saint Laurent s’habillent de choix musicaux pertinents et entraînants. Enchantés et émus, et bien que tout ce qui relève du personnage principal soit fidèlement dépeint, on en vient à regretter un manque de curiosité vis-à-vis de l’industrie de la mode, des maisons concurrentes, et de la révolution vestimentaire amorcée grâce à l’impertinence des créations YSL.

Malgré une intensité dramatique parfois poussée trop loin, Yves Saint Laurent dessine un portrait troublant des deux hommes à la tête de la maison de couture qui a donné le pouvoir aux femmes. Un fascinant hommage à l’élégance et à l’extravagance.

Synopsis

Paris, 1957. A tout juste 21 ans, Yves Saint Laurent est appelé à prendre en main les destinées de la prestigieuse maison de haute couture fondée par Christian Dior, récemment décédé. Lors de son premier défilé triomphal, il fait la connaissance de Pierre Bergé, rencontre qui va bouleverser sa vie. Amants et partenaires en affaires, les deux hommes s’associent trois ans plus tard pour créer la société Yves Saint Laurent. Malgré ses obsessions et ses démons intérieurs, Yves Saint Laurent s’apprête à révolutionner le monde de la mode avec son approche moderne et iconoclaste.

Comments

  1. J’ai vu le film hier soir, j’ai aimé.
    Des critiques toujours aussi bien écrites, ici. 🙂

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