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Filmosaure | June 16, 2019

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Night Call (2014)

Florent Bodenez

Review Overview

Note
7

Appétissant

Sortie (France) : 26 novembre 2014

Dans la course aux oscars 2015, il se murmure un titre : Night Call, qui vient tout juste de récolter pas moins de 5 nominations aux Independant Spirit Awards, la principale cérémonie des films indépendants américains. Dan Gilroy frappe fort pour un premier film, porté par son scénario brillamment écrit et un Jake Gyllenhaal habité. Un film qui est aussi profondément ancré dans la pensée médiatique américaine, pour mieux la dénoncer.

Une nouvelle chance pour Jake Gyllenhaal de décrocher un premier oscar ? A en croire les journalistes spécialisés, il se pourrait bien que oui. Et il est vrai que même si ce n’est pas son plus grand rôle, le personnage qu’il incarne, du nom de Lou Bloom, vaut le détour. Une sorte de marginal obsessionnel, qui se cherche une conversion professionnelle et va alors développer une vocation pour le journalisme à sensation. Parcourant les rues de Los Angeles toutes les nuits au volant de sa voiture, et branché sur la fréquence radio de la police, il est constamment caméra en main, à la recherche de l’image choc, l’accident, le cambriolage, qu’il va pouvoir filmer pour ensuite vendre les rushs aux chaînes d’information pour leur édition du lendemain.

Le thème de l’obsession a déjà été traité par de nombreux cinéastes (Zero Dark Thirty, Taxi Driver, The Social Network…). Mais ici, cette obsession imprègne profondément et physiquement le personnage. Jake Gyllenhaal est amaigri et cerné, les marques d’une insomnie et d’un travail nocturne à temps plein. Cette obsession, celle qui le guide est à la fois malsaine et ambitieuse, coincée entre l’attractivité de l’argent et du pouvoir et la fascination pour le morbide et le sensationnel.

nightcrawler-jake-gyllenhaal1-600x400Un trait de caractère qui se construit petit à petit, et qui va pousser Lou Bloom à commettre des actes moralement impardonnables, mais qui vont participer à son ascension. La force du film est aussi de très bien développer sa psychologie, à travers des dialogues dantesques où l’on voit toute sa perversité et sa force de persuasion. Il passe d’un marginal qui vend des images chocs pour se faire de l’argent à la référence dans le domaine, ce qui le pousse à user de son influence et son talent d’orateur. C’est brillant et écrit avec finesse.

On peut voir Night Call comme le reflet extrapolé de la dérive des médias américains. Où les chaînes d’information participent à l’installation de la peur, à travers des sujets très travaillés, et dans lesquels le storytelling est omniprésent. Où le voyeurisme de chacun est le vice sur lequel les médias jouent, où un cadavre ensanglanté captivera notre attention, et nous détournera des informations primordiales. C’est le discours du film, qui bien que poussé à l’extrême, n’est pas si loin de la vérité, du moins en ce qui concerne les États-Unis.

Nightcrawler-8Outre ce discours de fond, dans la forme on pourrait cependant s’interroger sur le label « film indépendant » qui a été apposé à Night Call, tant il a plutôt tendance à pencher vers l’ambiance d’un téléfilm du dimanche soir. Car si son scénario est impeccable, il n’y a rien de vraiment d’innovant dans la réalisation, ni dans l’esthétique. Et ne cherchez surtout pas de similitudes avec Drive comme la promotion du film en France laisse penser, notamment par ce changement de nom ridicule (le titre original est Nightcrawler) et son affiche. Si vous voulez des références, aller plutôt chercher vers Gone Girl de David Fincher, surtout dans la façon de traiter les médias.

art-nightcrawler-rene-russo-acc80-droite_cc1Au final, le film est un bon thriller dont les codes fonctionnent à merveille, à la fois dérangeant et captivant, comme une sorte de produit des vices humains qu’il tend paradoxalement à dénoncer. Mais en tant qu’objet cinématographique, il n’atteint pas une ampleur dingue et reste assez mineur. Il n’en reste pas moins qu’on peut applaudir Night Call pour son audace narrative. Alors un oscar pour Gyllenhaal ? Peut-être, mais ça sera tout pour ce film.

Synopsis

Lou Bloom est un chômeur qui gagne de l’argent en revendant des métaux volés. Par hasard, Il assiste à un accident de la route voit les caméras de télévision filmer la scène, il décide alors de se lancer dans la réalisation de vidéos pour gagner sa vie. Il parcourt les rues durant les nuits afin de trouver des images choc qu’il revend ensuite à des chaînes de télévision locales.

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