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Filmosaure | November 17, 2019

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Selma (2015)

Florent Bodenez

Review Overview

Note
7

Appétissant

Sortie (France) : 11 mars 2015

Nommé pour deux oscars mais pas récompensé (boycotté diront certains), Selma aborde le combat de Martin Luther King pour le droit de vote des noirs aux Etats-Unis à travers l’événement de la marche de Selma à Montgomery en 1965. Puissant, bien construit et excellemment interprété, seul un certain académisme empêche Selma de prendre son envol.

Selma raconte comment Martin Luther King, agacé par la passivité du président Johnson sur la mise en place d’une loi pour les droits civiques des noirs aux États-Unis, a fait de la ville de Selma le point de départ de son combat pacifique. Entre conférences et marches pacifistes, le mouvement va entraîner de nombreuses réactions à la fois politiques et citoyennes, au niveau local et national, jusqu’à ce fameux « Sunday, bloody sunday » où 600 manifestants ont été attaqués à coups de matraques et de gaz lacrymogènes par les policiers locaux le 7 mars 1965.

landscape_nrm_1420739871-elle-selma-1À l’image du leader qu’il incarne, David Oyelowo porte le film sur ses épaules, et n’aurait pas volé une nomination aux oscars. Il est très convaincant et permet au spectateur de ressentir avec force le personnage du King, notamment lors des discours publics où ses qualités d’orateurs et de chef de file sont parfaitement retranscrits. Et même si l’acteur donne de l’épaisseur au protagoniste, les seconds rôles ne sont pas oubliés et les personnages qui gravitent autour du leader ont tous de la profondeur. A commencer par le président Johnson, toujours entre deux chaises, partagé entre sa volonté de soutenir ce mouvement des droits civiques, et ses obligations de président qui l’oblige à prioriser d’autres problèmes nationaux. Tim Roth joue également un gouverneur ultra-conservateur et qu’on a plaisir à détester. D’autres personnages de la lutte marquent les esprits, notamment ce grand-père de 82 ans qui a perdu un fils dans ce combat, et qui apporte cette touche d’émotion qui peut parfois manquer au film.

Selma, c’est aussi le portrait de l’un des premiers événements aux États-Unis où les médias ont joué un rôle important dans son dénouement, et pour une fois, dans le bon sens. En relatant au niveau national les violences dont étaient victimes les participants à la lutte à Selma, la presse et la télévision ont permis de créer un véritable rassemblement de la population autour de la cause, et petit à petit de faire des droits civiques des noirs la question politique numéro un. C’est là où la finesse de l’écriture se ressent fortement.

Selma1Alors certes, on a déjà vu des films de ce genre (La couleur des sentiments, Malcom X, Mandela : un long chemin vers la liberté, 12 years a slave…), certes Selma ne sort pas vraiment des sentiers battus et certes il n’est pas bouleversant et un peu « propre », mais certaines scènes de foule nous donnent des frissons, jusqu’à la fin libératrice, où les images d’archives prennent le pas sur la fiction. Tout est bien construit et parfaitement dosé. Il manque juste ce je ne sais quoi de grandiose, de magnifique, qui permettrait au film d’encore plus marquer les esprits.

Synopsis

Selma retrace la lutte historique du Dr Martin Luther King pour garantir le droit de vote à tous les citoyens. Une dangereuse et terrifiante campagne qui s’est achevée par une longue marche, depuis la ville de Selma jusqu’à celle de Montgomery, en Alabama, et qui a conduit le président Jonhson à signer la loi sur le droit de vote en 1965.

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