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Filmosaure | April 27, 2017

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Remise du Prix Lumière 2013

Remise du Prix Lumière 2013
Stéphanie Valibouse

Même ceux qui y étaient depuis le début le diront : la cérémonie de remise du Prix Lumière était sans conteste le point d’orgue du Festival Lumière 2013.

Les mondanités des Oscars ou l’artificialité de nos Césars nationaux n’ont jamais été aussi loin. Quentin Tarantino s’est vu décerner la récompense par Uma Thurman, entouré de ceux si chers à son cœur : Harvey Keitel, Tim Roth, Bertrand Tavernier ou Harvey Weinstein. L’infatigable Thierry Frémaux, dans une forme olympique, faisait office d’animateur et traducteur tout au long de la soirée.

quentin tarantino remise du prix lumière 2013

Mais qu’importe le cortège de personnalités françaises plus ou moins has been qui défile au photocall avant le début des festivités, le mot à retenir est : émotion. Jamais on n’aura vu tant de sincérité de la part des invités, dont chacune des prises de parole était un concentré d’affection et de reconnaissance pour ses pairs. On retiendra les larmes de Harvey Keitel lorsqu’il se lance dans une déclaration d’amitié à Tarantino et Tavernier, les deux hommes qui ont bouleversé son existence : « Lire un scénario de Quentin, c’est comme lire un grand roman. C’est quelque chose qui vous transforme ». On se souviendra des anecdotes de Tim Roth, et du jour où il reçut le script de Reservoir dogs dont la première page comportait, à la main, la mention « Pink or Blond ». Harvey Weinstein raconte comment Tarantino l’a traîné dans un petit cinéma de quartier à Chinatown pour lui faire découvrir Chungking Express, et révéler par la suite Wong Kar-wai au public américain. Michael Madsen se fend d’un petit poème dédié au septième art, dont il nous envoie la vidéo, comme pour s’excuser de son absence.

Et Uma Thurman remporte tous les suffrages de popularité au sein d’une salle subjuguée par sa grâce, son vibrant hommage au réalisateur de Kill Bill, proféré d’une voix tremblante, lui valant deux standing ovations en l’espace de cinq minutes à peine.

pellicule jackie brown

Le maître lui-même peine à parler lorsqu’il arrive sur la scène. La voix de Tarantino se brise : « Je n’ai pas vraiment eu de famille, et ces personnes sur la scène aujourd’hui sont ma vraie famille », avoue-t-il, avant d’ajouter : « le cinéma est ma religion, et la France est mon Vatican ». Les yeux brillants, nous recevons tous un précieux morceau de pellicule du mal-aimé Jackie Brown, qui pourtant demeure l’œuvre la plus douce du réalisateur, celle qui chérit ses personnages au point de leur consacrer la majorité de son écriture. Et au milieu de trois mille fans applaudissant à tout rompre, il accepte le Prix avec humilité, le considérant avant tout comme un encouragement, promettant de se dépasser pour offrir encore mieux par la suite.

« Merci Quentin, d’avoir électrisé ce festival ». – Bertrand Tavernier

Retrouvez notre chronique pour Séance Radio, dédiée à l’événement.

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