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Filmosaure | November 20, 2017

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5 Comments

Gatsby le Magnifique (2013)

Stéphanie Valibouse

Review Overview

Note
4

Fadasse

Sortie (France) : 15 mai 2013

5 ans après Australia, Baz Luhrmann sort de son silence et revient enfin avec une adaptation du Great Gatsby de F. Scott Fitzgerald qui laisse dubitatif. Le réalisateur du vertigineux Moulin Rouge ! ne semble pas parvenir à se renouveler.

Baz Luhrmann affectionne particulièrement les histoires d’amour impossibles et leur confère une mélancolie à laquelle il est difficile de se soustraire. Du Roméo + Juliette de notre adolescence à la douce extravagance de Moulin Rouge !, il a su imposer un style bien à lui, où le charme mutin du burlesque côtoie des mélodies audacieusement modernes. Gatsby n’y échappe pas, et c’est là peut-être son plus grand défaut : où les deux premiers intriguaient, ce dernier s’étiole terriblement dans leur ombre, ressassant certaines de leurs mécaniques. Où la bande originale de Moulin Rouge ! était un chef-d’oeuvre d’inventivité malgré ses notes volées, celle de Gatsby, trop présente, charme de temps en temps, agace souvent, sombrant sporadiquement dans la cacophonie.

Tobey Maguire tape sur sa machine, en un triste écho d’Ewan McGregor qui faisait de même il y a douze ans de cela. Et s’auto-parodie presque : lorsqu’il évoque J. Gatsby, on l’imagine parler ainsi de Marie-Jane Watson, sa dulcinée de Spider-man, et il est difficile de s’en ôter le souvenir. Leonardo Di Caprio, égal à lui-même, délivre une performance de qualité, mais qui n’est pas sa meilleure, un peu en-deçà du talent constaté dans Aviator ou, récemment, Django Unchained. Carey Mulligan, absolument charmante, parvient à toucher – mais pas autant que dans Shame où son interprétation de New York New York nous laissait désarmés, les larmes aux yeux. L’on apprécie cependant l’interprétation parfois “classique” des acteurs qui n’est pas sans rappeler les tons de voix un peu surjoués des films en noir et blanc.

gatsby le magnifique di caprio carey mulligan

Un casting qui peine donc à nous faire ressentir les émotions fortes auxquelles les personnages sont confrontés – mais heureusement en forme lors de quelques scènes marquantes : la colère de Gatsby, la mélancolie de Daisy, les regards lourds de sens. Parfois, Baz Luhrmann parvient lors de courts pans du film à nous émouvoir, mais très vite, nous sommes à nouveau mis à l’écart.

Car il semble y avoir quelque chose qui cloche dans cette réalisation, et l’on ne saurait exactement expliquer si ce sont ces couleurs surexposées, l’abus d’effets spéciaux ou l’insertion ponctuelle d’images d’époque jurant avec cette superficialité. La confrontation des années folles à certains éléments de modernité, que ce soit par la danse, la bande originale ou la manière de filmer, donne lieu à des résultats intéressants mais loin de nos espérances. Avions-nous surestimé Baz Luhrmann ou éludé sa propension à faire du kitsch ? Car ici, tout est too much.

gatsby le magnifique baz luhrmann

Reste le fabuleux et mystérieux roman de Fitzgerald, et quelques moments d’émotion ou d’excitation comme Luhrmann sait en créer. Le film frôle parfois la médiocrité visuelle, mais ne se départit pas de son ambiance particulière, que Di Caprio porte sur ses épaules – comme Gatsby porte sur les siennes le poids de son lourd passé.

Synopsis

Printemps 1922. L’époque est propice au relâchement des mœurs, à l’essor du jazz et à l’enrichissement des contrebandiers d’alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s’installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d’un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s’étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C’est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d’absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

Comments

  1. B.

    Jolie critique, on attends la suite avec impatience 😉

  2. Je partage ton avis sur plusieurs points. Je suis toutefois davantage entré dans cet univers car les fêtes m’ont plu, le faste des décors et des costumes m’ont un peu ébloui.
    Concernant les acteurs, j’ai trouvé Léo formidable, très charismatique…mais les autres trop effacés voire mauvais pour certains.

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