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Filmosaure | October 18, 2018

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L’homme qui tua Don Quichotte (2018)

Betty Elms
  • On June 5, 2018
  • http://cinemabook.wordpress.com/

Review Overview

Note
9

Repas de fête

Sortie (France) : 19 mai 2018

Aller voir L’homme qui tua Don Quichotte est bien plus qu’aller voir un simple film, c’est aller à la rencontre d’une légende. Cette adaptation de Don Quichotte à l’écran n’a jamais pu, pendant 25 ans, se réaliser. Beaucoup de tentatives, de films avortés, un documentaire sur un des plus grands échecs du cinéma (Lost in la Mancha). Au bout de tant de temps et d’efforts, que Terry Gilliam a-t-il pu finalement nous concocter ? Lui qui a vu défiler nombre d’acteurs pour ces rôles (Johnny Depp, Jean Rochefort, Ewan McGregor, Owen Wilson, Robert Duvall ou encore John Hurt, la liste est bien longue…). Terry Gilliam au fil des ans est passé par beaucoup de films, certains plus hésitants que d’autres. Alors a-t-il toujours son aura et sa superbe pour parachever l’œuvre d’une vie ?

Toby (Adam Driver) est un réalisateur, pas très sympathique, tournant en Espagne un spot publicitaire mettant en scène l’attaque des moulins à vents. Il se rend compte alors qu’il n’est pas très loin du lieu où il a tourné une adaptation de Don Quichotte pour son film de fin d’études, 10 ans plus tôt. Il retourne dans ce village (bien nommé Los Suenos), sur les traces de son film et de ses anciens acteurs. Il va découvrir ce que son film a déclenché pour les personnages, tous habitants du village.

Le Don Quichotte de l’époque, un vieux cordonnier que Toby avait trouvé pour jouer le rôle, se retrouve, lui, coincé dans son personnage, et embarque son ancien réalisateur (et nous avec) dans une aventure absurde, mais tellement jouissive à travers un monde à la fois surréaliste et terriblement réel, posant souvent son juste regard sur notre époque. La corde est tendue entre les deux mondes, entre rêve et imaginaire et nous sommes à cheval dessus, risquant de basculer parfois d’un côté, parfois de l’autre, mais Terry nous fait rester en équilibre, tel un funambule sur le fil de son récit. Et tout comme ce vieux fou qui refuse de sortir de son personnage, nous ne voulons pas sortir de ce monde foutraque dans lequel nous sommes plongés.

Dès les premières secondes du film – et cela ne s’arrêtera pas – Terry Gilliam décharge sa passion et son envie folle de cinéma comme pour se venger de tous ces coups du sort, qui s’est acharné sur lui et son projet. Il défie donc le destin, nous montrant que tout cela n’est que du cinéma, et nous en met plein la vue. Oui, Terry nous raconte son film, son aventure, puis le film qu’il a voulu faire, encore celui-là, pour finalement nous embarquer dans ce qu’il sait faire le mieux, son imaginaire débordant et haletant aux frontières du fantastique et de notre imagination. Cette odyssée aux côtés de Toby nous embarque dans la tête et l’esprit même de Terry Gilliam et l’on profite enfin de ce superbe spectacle burlesque et frénétique.

Ce film est une complète réussite, pour ce qu’il nous montre, ce qu’il dit sur son histoire et ce qui restera, je l’espère, une légende du cinéma. Il est l’épilogue parallèle des affres de la création, à la fois terriblement fou et grave en même temps. Cette histoire aurait pu le perdre à jamais, n’est-il pas un peu devenu fou ? Mais la folie n’est-elle pas essentielle à toute création géniale ? Je crois que Terry en est la preuve.

Synopsis

Toby, un jeune réalisateur de pub cynique et désabusé, se retrouve confronté aux conséquences tragiques d’un film qu’il a réalisé dans sa jeunesse : un film d’étudiant adapté de Cervantès a changé pour toujours les rêves des acteurs. Toby saura-t-il se dépétrer de cette situation et se racheter? 

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