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Filmosaure | May 25, 2017

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8 Comments

Jurassic Park (1993)

Jurassic Park (1993)

| On 24, Sep 2012

Ma note : 9/10

Il y eut un avant et un après Jurassic Park. Le film qui en 1993 a démocratisé les effets spéciaux numériques et récolté 3 Oscars au passage (dont un pour ses effets visuels) n’a pas pris une ride 20 ans après sa sortie. Steven Spielberg, non content de faire rêver toute une génération de gosses (dont La Filmosaure) avec ses bestioles hyper-réalistes, a donné ce grand coup de patte salvateur à un Hollywood paresseux en matière d’effets spéciaux et amorcé le passage définitif au numérique.

SYNOPSIS

Ne pas réveiller le chat qui dort… C’est ce que le milliardaire John Hammond aurait dû se rappeler avant de se lancer dans le “clonage” de dinosaures. C’est à partir d’une goutte de sang absorbée par un moustique fossilisé que John Hammond et son équipe ont réussi à faire renaître une dizaine d’espèces de dinosaures. Il s’apprête maintenant avec la complicité du docteur Alan Grant, paléontologue de renom, et de son amie Ellie, à ouvrir le plus grand parc à thème du monde. Mais c’était sans compter la cupidité et la malveillance de l’informaticien Dennis Nedry, et éventuellement des dinosaures, seuls maîtres sur l’île…

POURQUOI JURASSIC PARK EST UN FILM CULTE – ET VISIONNAIRE

Parce que Spielberg a rendu possible un truc improbable : voir de vrais dinosaures. 90% des gosses adorent les dinosaures. Toi aussi, ne le nie pas. Perso, j’avais tout le début de la collection du magazine Dinosaures, avec le squelette de T-Rex qui brillait dans le noir. J’écrivais des fiches, j’avais des figurines et j’en créais d’autres en pâte à modeler pour exposer le tout dans un musée du dinosaure que je faisais visiter à ma famille dans ma chambre. OUAIS J’ASSUME.

A sa sortie, le film, bien que loué pour la qualité de ses effets visuels, se prend une volée de critiques pour s’être trop éloigné du roman éponyme du Michael Crichton (à lire absolument une fois dans sa vie). Spielberg l’a probablement fait par souci de simplicité, pour ne pas abreuver le spectateur d’inextricables détails scientifiques, mathématiques et philosophiques. Aujourd’hui, il est vrai que l’on a tendance à oublier le livre au profit du film qui nous a fait rêver.

Presque 20 ans plus tard, ni les effets, ni l’intrigue ont vieilli. Les problématiques éthiques soulevées par les avancées de la science en matière de génétique n’ont au contraire cessé de s’imposer depuis, à grand renforts de clonages intempestifs de moutons (Dolly, 1997) et autres fantasmes de clonage humain. A l’époque, Jurassic Park, réussit à vulgariser le verbiage scientifique et à expliquer comment créer un dinosaure grâce à son ADN, le tout sans casser le rythme du film et en inscrivant cette explication dans le déroulement logique de l’intrigue.

Jurassic Park pousse le génie, toujours de manière pédagogue au profit des non-scientifiques, à se plonger dans les différentes théories évolutionnistes et à aborder en particulier cette potentielle relation entre dinosaures et oiseaux. C’est d’ailleurs en se basant sur ce présupposé, avec une volonté de s’éloigner du reptilien, que les dinosaures du film ont été construits : plus agiles, plus aériens… plus effrayants. Des années plus tard, des plumes fossilisées ont été découvertes autour de squelettes de vélociraptors.

De nombreuses séquences de Jurassic Park sont restées cultes, et en particulier celle des vélociraptors dans la cuisine, qui nous a tous traumatisés (toi aussi tu t’es planqué des mois sous ta couette après l’avoir vue). Avec ce savant mix d’action, d’émerveillement et d’humour dont il a le secret, Spielberg a créé ce monstre cinématographique, rythmé par la fabuleuse bande-originale de John Williams, à l’origine d’un véritable effet de mode “dinosauresque” à l’époque ainsi que d’innombrables jeux, produits dérivés, parodies, fanfics et autres hommages. A quand un parc d’attraction ? OH WAIT LOL

jurassic park velociraptors cuisine

EFFETS SPECIAUX : WELL HELLO MR. T-REX

Avec Jurassic Park, l’on voyait pour la première fois au cinéma des créatures numériques présentant ce degré de réalisme. Depuis les années 70, les cinéastes tâtonnent en direction de cette technologie (Star Wars, Superman, Alien). Le premier personnage animé au rendu photoréaliste était la fameuse et effrayante créature en vitrail dans Le secret de la pyramide (excellent film par ailleurs). De 1985 à 1993, les innovations se suivent sans se faire remarquer. Puis Spielberg débarque avec ses gros sabots ses grosses pattes griffues et fait réaliser à tout ce petit monde que le numérique, ce ne sont pas que des couleurs cheloues et des mouvements saccadés.

C’est donc un peu à Spielberg que nous devons entre autres Le Seigneur des Anneaux ou encore la prélogie Star Wars (oui bon), Jackson et Lucas réalisant qu’absolument tout était possible grâce aux CGIs. Cela dit, il ne faut pas oublier que les animatronics représentent encore la majorité des scènes de dinos du film – en particulier lors des close-ups sur une patte ou une mâchoire, par exemple.

jurassic park animatronics t-rex

Coucou Monsieur T-Rex.

En bonus, une petite vidéo de 2 minutes sur l’évolution des effets spéciaux numériques utilisés au cinéma, de Tron à Avatar :

Ou encore celle-ci, bien meilleure, sur l’avant/après utilisation des CGIs dans Jurassic Park. Le film devrait bientôt être ressuscité en 3D – probablement pour ses 30 ans en 2013.

En savoir plus :

IAN MALCOLM : LA VIE TROUVE TOUJOURS SON CHEMIN

Le thème omniprésent sur toute la durée de Jurassic Park, moteur de son message principal, est le reflet de l’injonction suivante :

DON’T. FUCK. WITH. NATURE.

Une règle allègrement brisée par l’homme depuis la nuit des temps, et exponentiellement. Nous n’entrerons pas dans ce débat mais le phénomène est tel qu’il confère à Jurassic Park une qualité quasi-intemporelle, ou tout du moins le protège du vieillissement. Ce message s’axe autour de deux vérités intimement liées, et que les héros découvriront à leurs dépends :

Spoiler »

  • Message n.°1 : la nature est indomptable.
  • Message n.°2 : il y a toujours une part d’imprévisibilité.
  • Dénominateur commun : l’homme ne peut tout contrôler.

Ces vérités sont toutes deux incarnées par le professeur Ian Malcolm (a.k.a. le meilleur personnage du film et de l’univers), tandis que leur antithèse est portée notamment par John Hammond, symbolique de cette humanité irrespectueuse, ou encore l’avocat, représentatif de l’aspect pécuniaire qui, face à la nature… se fait croquer. La défaite de la cupidité humaine face à un univers qui finira par reprendre le dessus ? Le choix de Jeff Goldblum pour jouer Ian Malcolm est un très beau clin d’oeil à son rôle de savant dans La Mouche, essuyant de sévères conséquences après avoir tenté de contrôler les lois de la physique.

ian malcolm jurassic park chaos theory

Ian Malcolm, personnage mathématicien, est un prétexte au déroulement, dès le début du film, du culte “La vie trouve toujours son chemin” (indomptabilité) ou de l’exposition de la théorie du chaos (imprévisibilité) – avec une simplicité désarmante et accessible à tous. Des actions contre-nature visant à contrôler celle-ci, comme la création de dinosaures exclusivement femelles afin d’en empêcher la reproduction, trouveront toujours des parades… comme l’hermaphrodisme.

Tout comme on ne peut en contrôler l’instinct de reproduction, on ne peut de manière plus large enrayer l’instinct de chasse resté intact d’une créature éteinte il y a 65 millions d’années. 65 millions d’années d’évolution qui ont fait des hommes ce qu’ils sont, et confrontés à des créatures d’un autre temps. C’est ainsi qu’Alan affirme que le tyrannosaure “ne veut pas être nourri, il veut chasser” alors que personne ne peut forcer les dinosaures à se montrer derrière une grille tels des animaux de foire bien dressés.

T-Rex doesn’t wanna be fed. He wants to hunt.

Il serait tentant de faire l’analogie suivante : ne serait-il pas fabuleux de préserver des espèces en voie de disparition ou déjà disparues, tel le condor ou le dodo ? La réplique de Malcolm est immédiate : les dinosaures n’ont pas été chassés et éliminés par l’homme mais erradiqués de manière naturelle. La nature (ou Dieu, selon les croyances) a choisi de les effacer de la surface de la Terre, et les ressusciter n’a ainsi rien de logique. Et ceux qui, dans Jurassic Park, ont eu l’arrogance de manquer de respect à cette Nature toute-puissante, l’ont payé de leur vie.

jurassic park t rex

Comments

  1. Obeebert

    Youhou!
    Jurassic Park, un peu LE film dont j’attendais un commentaire de votre part 🙂
    Et un peu LE meilleur film du monde (à mon avis, mais bon, comme c’est vrai…)
    Bravo et merci pour cette excellente critique -comme d’habitude-
    et pour ce bel hommage à ce film génialissime!

    • Merci, il était effectivement temps de m’y mettre 😉

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