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Filmosaure | March 20, 2019

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Wildlife – Une saison ardente (2018)

Wildlife – Une saison ardente (2018)
Betty Elms
  • On February 26, 2019
  • http://cinemabook.wordpress.com/

Review Overview

Appétissant

Sortie (France) : 19 décembre 2018

Les sixties, un couple en crise : le premier film de Paul Dano dresse le portrait d’une famille américaine plutôt classique et sans histoire.

Wildlife est un film sur les sentiments, les impressions et le temps suspendu autour d’un déchirement et d’une souffrance. La relation d’un adolescent à sa mère, peu souvent mise en image de manière simple et naturelle, ici filmée tout en sensibilité et délicatesse. Deux êtres face à face dans un moment difficile d’une vie, où chacun, tour à tour, veille l’un sur l’autre. Le Montana est le décor de ce drame silencieux, parfait écrin aux paysages vides et vastes de gens et de sentiments. L’horizon au gré des saisons se fait témoin de cette famille que nous prenons le temps de voir souffrir de l’intérieur.

Wildlife est un film d’acteurs, simple dans sa forme, d’un point de vue académique et réussi à être fort dans ce qu’il met en avant. Comme toujours aller au plus simple est la plus grande des difficultés pour réussir son sujet. Faire en sorte que la mise en scène résulte comme une réussite, montrer les personnages délicatement, les animer dans leur existence et les rendre humains et vivants, sans tomber dans les pièges des films qui se ressemblent tous à la soupe « indé » : voilà le défi que Paul Dano relève haut la main.

Adapté d’un roman de Richard Ford, le film montre une légère distance dans et avec le temps, prenant le temps de rêvasser, de montrer des intervalles, et nous laisse bien souvent volontairement dans l’expectative. Ce que Dano nous montre, ce sont des portraits et il nous le prouve dans le plan final, d’une beauté et d’une intensité démontrée par sa composition plastique irréprochable. Il brosse des portraits, nous approche et nous éloigne de chacun des personnages comme un photographe pourrait le faire pour saisir l’instant, le regard, l’émotion. La beauté plastique fait écho à l’imperfection psychologique, et c’est en cela que nous sommes interpelés par ces membre d’une famille en pleine souffrance. Le regard est essentiel : il est celui de l’adolescent au centre de toute l’histoire. Joe est l’enfant entre les deux parents, qu’on tente d’épargner mais qui sent tout et se retrouve frappé de plein fouet.

Carey Mulligan est au sommet de sa sensibilité. Son personnage, Jeanette, sous les yeux de son fils, transfigure le film pour nous montrer sa palette d’émotions, entre la mère, l’amante et la femme délaissée. Elle émerveille par sa galerie de portraits de plus en plus précis pour offrir cet instantané de vie, pour cristalliser cette femme, son histoire, sa vie. Jake Gyllenhaal, père absent, loser, est victime de son impuissance. Il réussi à jouer le vide et la douleur dans ses scènes pleines d’émotions.

Ces sentiments, impalpables, ces regards entre flou, fuyants puis furtivement forts, illuminent chaque plan de ce film qu’on sent venir d’un acteur, par la sensibilité du jeu qui nous est offert. L’adolescent au cœur de ce drame est le prisme au travers duquel on comprend ce qui se joue sous nos yeux. Entre deux adultes en perdition, il est celui qui les rattache à la réalité, à leur famille et cristallise l’amour qu’il reste, dans une scène finale bouleversante.

Synopsis

Dans les années 60, Joe, un adolescent de 14 ans regarde, impuissant, ses parents s’éloigner l’un de l’autre. Leur séparation marquera la fin de son enfance.

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