Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

Filmosaure | May 25, 2017

Scroll to top

Top

3 Comments

L’étrange pouvoir de Norman (2012)

L’étrange pouvoir de Norman (2012)
Stéphanie Valibouse

Ma note : 7,5/10

Deuxième long-métrage des studios Laika (Coraline), L’étrange pouvoir de Norman (Paranorman) est une petite comédie horrifique, toute faite d’animation en stop-motion, qui vaut le détour.

SYNOPSIS

Norman est un petit garçon qui a la capacité de parler aux morts. Celui-ci va devoir sauver sa ville d’une invasion de zombies.

POINT-CULTURE : LE STOP MOTION

Appelée également “animation en volume”, le stop-motion permet de créer un film image par image à partir d’éléments immobiles. Typiquement, on y retrouve les animations faites à partir de pâte à modeler. Les deux long-métrages récents les plus célèbres faisant appel à cette technique sont probablement L’étrange Noël de Monsieur Jack, Wallace et Gromit et Fantastic Mr Fox.

Le stop-motion, sans être forcément utilisé en intégralité, a longtemps servi de technique d’effets spéciaux (et est toujours utilisée, bien qu’en quantité moindre depuis l’évènement du numérique). Il exige une minutie telle qu’une minute de film peut nécessiter une semaine entière de travail : les objets réels sont créés, plan par plan, parfois image par image, afin de conférer vie et émotion aux personnages et à leur environnement.

Les Studios Laika, après avoir participé aux Noces Funèbres de Tim Burton en 2005, se lancent dans Coraline, leur premier long-métrage.

Concernant Norman, les chiffres sont édifiants et bien représentatifs du travail myrmicéen effectué autour du film. Outre ses figurines de silicone, mousse de latex et résine maintenue d’une colonne vertébrale de métal, le film compte :

  • 10 ans d’imagination
  • 2 ans de préparation
  • 52 plateaux
  • 31 000 têtes de rechange
  • 150 têtes de rechange pour une seule grimace
  • 10 heures de préparation par tête de rechange
  • 3 770 Kg de pigments de couleur pour les têtes
  • 3 à 4 mois de préparation par marionnette
  • 275 pics dans la coiffure de Norman
  • 120 costumes créés et cousus main
  • 20 000 livres miniatures, 5 000 objets en papier et 400 classeurs pour la scène de la bibliothèque
  • 20 heures 29 minutes de pellicule pour 1 770 601 plans

PETIT CONTE D’HORREUR… POUR LES GRANDS ENFANTS

L’étrange pouvoir de Norman est derrière une belle histoire un véritable hommage aux films d’horreur et aux univers oniriques l’ayant précédé. On y trouve à foison des références aux classiques de l’horreur, dont des inspirations Roméro, Carpenter, Raimi, Spielberg, Burton, etc. même du Scooby-Doo, et bien sûr Coraline, premier long-métrage du studio.

On sent que les mecs ayant travaillé dessus se sont fait plaisir : univers travaillé, humour noir, émotions et morale sympathique. Le film “parle à tous ceux qui ont grandi avec le sentiment de ne pas s’adapter ou rentrer dans le moule”, nous dit-on chez Universal, et il est vrai que tous ceux qui ont été un peu rêveurs, décalés, rejetés (ou ont eu une adolescence normale de loser à coup de moqueries et se sont réfugiés dans les bouquins ou le cinéma) ressentiront une affinité particulière avec le petit Norman.

Dans Paranorman (oui non parce qu’on peut reparler de la traduction foireuse là svp ? Paranorman fonctionnait très bien en français !), la vraie valeur n’attend point le nombre des années, ni l’apparence physique, ni même la notion de “normalité”. Norman n’est pas normal, d’après son entourage. Mais ce qui lui porte préjudice finira par devenir un atout et lui conférer un avantage face à l’adversité.

Malgré parfois quelques longueurs, quelques personnages vraiment moches (et je ne parle pas de zombies) tant le réalisme est poussé, Paranorman vaut le coup d’oeil rien que pour la rigolade et l’animation impressionnante. A noter, une séquence finale magnifique, chargée d’émotion et de magie… mais également un peu effrayante pour les plus petits d’entre nous. Je ne recommanderais pas ce film aux moins de 10 ans, mais il demeure un passage obligatoire en revanche pour les grands enfants que nous sommes.

Comments

Submit a Comment