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Filmosaure | January 21, 2017

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Magic Magic (2013)

Betty Elms
  • On September 2, 2013
  • http://cinemabook.wordpress.com/

Review Overview

Note
5

Comestible

Sortie (France) : 28 août 2013

Sebastian Silva, le jeune réalisateur chilien a de grandes ambitions pour ce film qui va permettre de le faire (re)connaître. Après quelques apparitions en festival, il choisit un casting parfait et se lance dans un film d’ambiance, un film d’horreur psychologique.

Magic Magic est un huit clos étouffant au scénario de base classique : Alicia, une jeune américaine, se retrouve sur une île au Chili avec des inconnus. Sa cousine, avec qui elle devait passer ces quelques jours l’ayant laissée seule avec ses amis, et s’en retournant en ville soit disant pour passer un examen. Dès le départ, le point de vue est celui d’Alicia, on ne connaît rien des gens qui l’entourent, ni qui ils sont ni où on va. Le spectateur est ainsi livré au récit sans introduction, et doit se mettre au même point de vue que la jeune fille.

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Les amis essaient d’être gentils avec elle, de parler anglais de l’intégrer, mais il faut bien avouer qu’elle ne se montre pas des plus joyeuses, ni la plus amusante des compagnies pour un séjour entre potes. Brink (Michael Cera), Barbara (Cataline Sandino Moreno) et Agustín (Agustin Silva) la tolèrent et font de leur mieux pour l’intégrer. Alicia (la toujours très bien Juno Temple), quand à elle, n’a pas apprécié de se retrouver sans sa cousine (Emily Browning) et subit petit à petit les moqueries de ses compagnons de voyage, qu’elle prends de plus en plus mal, d’autant plus qu’une fois sur l’île elle ne trouvera jamais le sommeil et se retrouve vite « à bout ».

L’ambiance se veut donc pesante, étouffante, à travers une mise en scène mouvante, dont le cadre ne cesse de bouger et les effets se relayent pour osciller entre parano et maladie mentale. Il est clair que Silva veut à tout moment, lier le fond et la forme. On ne sait donc pas toujours quoi penser, et la mouvance nous empêche de plonger soit dans la tête d’Alicia, soit dans la réalité qui l’entoure. Schizophrène ignorée ou sale gamine capricieuse ? Un peu des deux. Sebastian Silva cite Polanski comme sa référence et Juno Temple dans ses interviews parle de son rôle de malade mentale. Sebastian Silva explore ici avec enthousiasme l’horreur. Il emploie donc quelques « règles » du genre qu’il revisite à sa sauce : scènes de tensions, décors naturels et minéraux, qu’il entremêle aux personnages. Tout ceci nous rappelle effectivement Répulsion ou Cul-De-Sac mais ici, ces scènes n’alimentent pas la narration, il ne suffit pas de les filmer et les inclure parcimonieusement dans le film pour que cela prenne effet.

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Il souhaite nous montrer des choses, notamment avec l’eau. J’ai été attirée par son traitement. Elle est belle, tantôt translucide, tantôt sombre, tantôt menaçante. Alicia se libère quand elle la vainc. Mais ceci n’est que mon interprétation. Je ne suis ni convaincue, ni convaincante parce que la somme des effets et l’application scolaire de la mise en scène ne font pas leur office. Par exemple, l’enfermement des personnages n’est montré que par des plans serrés, à aucun moment l’environnement ou l’île ne reflètent le repli sur elle d’Alicia et l’aspect claustrophobie qu’il souhaite donner à son film.

Il ne suffit pas de reprendre les recettes et les idées des maîtres pour réussir l’ambiance d’un film, mais avouons que la faute est de vouloir trop bien faire. Il fallait juste oser, se lancer, prendre un peu de plaisir. La fin amorce une envolée, un parti prit dans une histoire qui devient intéressante, en incluant d’autres personnages et qui annonce un éveil. Mais les dernières images sont à l’image du film, oscillant continuellement entre deux eaux. Il fallait oser car c’est finalement le spectateur qui subit et se retrouve perdu. Bon, c’est prometteur, il fera mieux la prochaine fois et c’est tout le mal qu’on lui souhaite car le potentiel est là.

Synopsis

Alicia est invitée par sa cousine à passer quelques jours de vacances sur une île au Chili. Très vite les choses tournent à l’étrange et tout semble se liguer contre elle. Elle se replie de plus en plus et perd pied avec la réalité. Serait-ce le début de la folie ?

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