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Filmosaure | March 26, 2017

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Winter Sleep (2014)

Betty Elms
  • On August 8, 2014
  • http://cinemabook.wordpress.com/

Review Overview

Note
10

Festin oculaire

Sortie (France): 6 août 2014

Enfin la palme d’or 2014 est sur nos écrans. La curiosité due à cette récompense en amènera plus d’un dans les salles, ou fera fuir les autres. Winter Sleep appartient à cette catégorie de grands films, apogée de grands réalisateurs, mais souvent boudés par le public, et une partie de la critique. Est-il long et abscons? Seulement pour les festivaliers trop fatigués par les nuits cannoises.

Nuri Bilge Ceylan est un habitué de Cannes, déjà présent pour un court métrage, Koza en 1995, et lauréat de plusieurs prix (Mise en scène pour Les trois singes en 2008 et le Grand prix deux fois (!) pour Uzac et Il était une fois en Anatolie, 2003 et 2011), il peut maintenant brandir le plus beau de tous, la palme d’or ! Méfiance donc aux accrédités du festival, qui voient sans doute trop de films et qui sont souvent impitoyables avec les films trop lents et à l’univers trop éloigné, vu au milieu d’autres productions plus vivantes. Heureusement, le jury veille. De véritables bijoux sont passés parfois inaperçu auprès du public, mais mis sous les projecteurs à travers leurs récompenses, comme les films de Belà Tarr ou Carlos Reygadas.

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Je ne connais pas (encore) l’œuvre de Nuri Bilge Ceylan, et j’irai sans aucune doute découvrir le reste de ses films, mais cette œuvre est, osons le mot, magistrale. Le film est beau, sans conteste aucun, chaque plan étant parfaitement calibré pour composer des tableaux cinématographiques. Le reste fait la part belle aux dialogues, aux interactions, à l’humain. La psychologie sociale est fascinante, l’inspiration Tchekhovienne n’y est pas étrangère.

Aydin est un ancien acteur, vivant dans un hôtel reclus en Anatolie. Il vit avec sa sœur Necla, avec qui il partage sa fortune, se remettant d’un divorce et sa jeune femme, Nihal. Il gère ses affaires et se plonge dans ses écrits, comme une fuite des réalités sociales. Les deux femmes vivent dans ce confort, sans but apparent à leur vie. L’ennui, est une des thématiques autour de ces âmes malheureuses contemplant leur vie et le désastre qu’elles constituent.

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Le cinéaste turc s’amuse entre dramaturgie et décryptage pour dresser un portrait dur et saisissant de la nature destructrice de l’homme, sommes-nous condamnés à ne jamais être heureux et satisfait ? Est-ce là, finalement la dernière conquête et la plus dure qui soit dans une vie ? Le temps passe, et la rêverie est autant un obstacle qu’une embûche pour laisser filer la vie. Le regard est lucide et tendre en même temps. Pour toutes ces raisons, l’œuvre est intemporelle. Le théâtre y est très présent, comme but de notre personnage principal, origine de l’acteur qui l’interprète, également. Cet homme est fascinant et nous fera glisser tout doucement dans les méandres de sa nature humaine. C’est également un théâtre qui se joue sous nos yeux, familial, social, intime. Bergman n’est pas loin.

L’analogie avec les chevaux, animaux sauvages très présents dans cette région, est à l’image du film, fascinant, libre, bouleversant. Ce film est un choc artistique, social et une grande œuvre de cinéma. Je comprends sans peine pourquoi le Jury, et à fortiori Jane Campion, n’ont pas beaucoup hésité.

Synopsis

Aydin, comédien à la retraite, tient un petit hôtel en Anatolie centrale avec sa jeune épouse Nihal, dont il ne se sent plus très proche, et sa sœur Necla, qui ne s’est pas remise de son divorce. A mesure que l’hiver approche, l’hôtel devient leur refuge et le lieu de leurs tiraillements.

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