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Filmosaure | May 24, 2017

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7 Comments

Percy Jackson : la mer des monstres (2013)

Stéphanie Valibouse

Review Overview

Note
2

Sans intérêt

Sortie (France) : 14 août 2013

La suite des aventures du demi-dieu adapté de la pentalogie écrite par Rick Riordan se révèle aussi décevante que le premier opus. Plus encore que n’importe quelle autre saga sur les écrans en ce moment, Percy Jackson nous sert un erztz de Harry Potter uniquement inspiré de ce qui a pu se faire auparavant en matière de blockbusters, incapable de se forger sa propre identité.

Il ne semblait pourtant pas compliqué de surpasser Percy Jackson : Le voleur de foudre, honteusement raté par Cris Columbus malgré le potentiel de richesse qu’offrait un univers inspiré de la mythologie grecque. Le réalisateur, à l’origine des des deux Harry Potter les plus routiniers de la saga (Harry Potter à l’école des sorciers et Harry Potter et la chambre des secrets), n’avait su que sacrifier l’oeuvre de Riordan sur l’autel de la mise en scène bâclée, jugeant probablement tout effort inutile à destination d’un public relativement jeune.

charybde percy jackson mer des monstres

Ce deuxième opus tient donc toutes ses promesses de médiocrité avec un changement de réalisateur qui n’augurait déjà rien de bon. Thor Freudenthal semble avoir listé un maximum des règles d’un bon scénario Hollywoodien par Blake Snyder et les avoir cochées une à une sans se soucier d’y allouer une once d’originalité. Un personnage rival qui se révélera le meilleur des alliés ? Check. Un sacrifice ? Check. Tout est perdu 15 minutes avant la fin ? Check. Les méchants expédiés par ordre de badassitude ? Check. Les protagonistes enchaînent les événements sans grande conviction, sans parvenir à se rendre attachants, dans un film qui comble ses brèches en pompant allègrement sur ce qui a fonctionné dans le passé (Les aventuriers de l’arche perdue et Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban et même The Dark Knight en prennent pour leur grade). On prend clairement le spectateur adolescent pour un être sans cervelle.

De base, lorsqu’une suite ne parvient à réunir tout le casting d’origine d’une part, et offrir une continuité dans le traitement des personnages d’autre part, l’ensemble risque de perdre en crédibilité. L’on se demande pourquoi Pierce Brosnan a abandonné le navire, bien que remplacé par le sympathique Anthony Stewart Head, et la saga se retrouve amputée par la même occasion de Sean Bean et Steve Coogan accompagné de Rosario Dawson alors que les principaux Dieux ne feront aucune apparition. Logan Lerman a perdu de son charme en Percy Jackson – mais que lui ont-ils fait pour lui donner l’air si benêt ? Quant à la charmante Annabeth jouée par Alexandra Daddario, elle se retrouve reléguée à un rôle complètement fade à l’image de sa nouvelle blondeur, et se fait voler la vedette par l’exacte réplique de son ancien personnage, couleur de cheveux comprise, en la personne de Clarisee LaRue, fille du dieu Arès. Il ne peut y avoir qu’une jolie brune insupportable, et l’on sait déjà au dénouement qui sera celle du 3è film. Nous passerons rapidement sur les faux airs de Draco Malfoy de Luke, et l’affreux manque de charisme de la majorité des protagonistes qui rend toute empathie absolument impossible.

percy jackon mer des monstres personnages

Tout n’est pas à jeter : l’on sourit deux ou trois fois grâce à quelques vannes (aux ficelles énormes : l’ami black marrant, le jeu de mot foireux…). L’ensemble, trop linéaire et paradoxalement chaotique, provoque tout de même moins d’ennui que le premier film, mais sera à l’origine de nombreux yeux levés au ciel devant tant d’artificialité. Les combats sentent l’entraînement vite expédié, les enchaînements sont mous, les objets à mettre en valeur comme la fabuleuse Toison d’Or sentent bon le plateau de tournage. Comme dans le premier, les personnages hurlent dans tous les sens lorsqu’ils doivent se faire discrets, parlent pendant des heures et se font des câlins au lieu de sauver le monde à temps, et les “twists” sont si prévisibles qu’on en pleurerait. La mer des monstres devrait s’intituler la mer DU monstre et le boss de fin, qui promettait du lourd, fait l’effet d’un pétard mouillé.

L’on aurait attendu plus de profondeur, plus de pédagogie sur la mythologie grecque, plus de subtilité à l’attention de ce jeune public. L’évolution des Harry Potter démontre qu’on peut faire une bonne saga sans tomber dans la médiocrité et le déjà-vu. On espère donc que les prochains opus sauront tirer les leçons de cet échec et enfin faire honneur à la saga Percy Jackson.

Synopsis

Percy Jackson ne sent pas vraiment l’âme d’un héros. Même s’il a déjà sauvé le monde, ce demi-dieu se demande si ce n’était pas tout simplement un coup de bol extraordinaire. Lorsqu’il découvre que son demi-frère est un monstre, il commence même à penser qu’être le fils de Poséidon est peut-être une malédiction. Mais il ne va pas avoir le temps de méditer sur le sujet car la barrière de protection divine qui protège le Camp des Sang-Mêlé est attaqué par une horde de monstres mythologiques, menaçant de détruire le sanctuaire des demi-dieux. Pour sauver leur seul refuge, Percy et sa bande doivent se lancer à la recherche de la légendaire Toison d’Or.

Comments

  1. julien ducharme

    Entièrement d’accord avec vous. Meme si il fut annoncé que celui ci resemblerarais davantage au livre. Je fut fort déçu car telle ne fut pas le cas. Le bateau un vulgaire watch de luxe. Pas de passager. Le début bâcler avec tyson, et ainsi de suite… pour le troisième jamais Desolé.

    • Et encore, je n’ai pas lu les livres. Je n’ose pas imaginer le carnage.

  2. Darail

    Franchement , vous dites que notre pauvre Percy à l’air benêt … Et bien dans le livre il est comme ça ! Après si vous voyez un film sans lire le livre,je ne vois pas l’intérêt…
    Et puis s’il faut maintenant investir des sommes colossales dans des films , autant ne plus faire de films et ne regarder plus que des films qu’on a vu et revu.
    Vous ne faites que des comparaisons à Harry Potter : et oui même dans le livre il y a des ressemblances.Mais dans le film , c’est le meme producteur, donc forcèment qu’il y a des techniques , des “pattes” du réalisateur qu’on retrouve dans Hp et Percy .
    Le seul problème : Annabeth est amoureuse de Percy , ce qui la rend “molle” alors que dans le livre elle est amoureuse de Luke.Donc forcément l’esprit n’est pas le même.

    • Bonjour Laura, je tente de lire au maximum les oeuvres dont sont issus les films que je vois mais vous comprenez bien que je n’aie pas le temps de le faire systématiquement. J’ai notamment lu les “Sublimes créatures” et “Warm Bodies” exprès juste avant de voir les films. Mais je en vais pas me priver d’aller voir un film sans avoir lu le livre car beaucoup de spectateurs le feront également, et je peux du coup écrire un article qui leur parlera.
      Je n’aime pas comparer une oeuvre à une autre et je me suis par exemple toujours refusée à comparer certaines sagas à Twilight malgré ce que le marketing en avait fait. Mais ici avec HP elle est inévitable tant elle saute aux yeux, et le fait que le producteur soit le même n’excuse pas les similitudes : PJ mériterait une identité à part entière.
      Et enfin je ne vois pas le rapport avec les sommes colossales à investir – il ne me semble pas pas évoquer cela dans la critique. On peut faire d’excellent films avec un petit budget, et les faiblesses de Percy Jackson ne résident notamment pas dans ses effets spéciaux mais dans sa narration.

    • La lecture de Percy Jackson ne rendrait pas cette critique plus pertinente. Ce genre de romans, dont le style est neutre (et ça n’est pas grave car ça peut suffire pour raconter une bonne histoire), et qui engendre des adaptations tout aussi neutres, ne pose pas la question de la transposition d’un art à un autre, il n’y a pas de parti-pris à prendre, c’est déjà un récit tout offert, dans lequel les scénaristes n’ont qu’à découper pour obtenir un scénar. Autrement dit, qu’on l’ait lu ou pas, ça importe peu, voire pas du tout. Ça n’est pas comme si notre chère Filmosaure avait critiqué L’Écume des Jours sans l’avoir lu, ou n’importe quelle adaptation d’oeuvre littéraire importante. (Et encore, dans ces cas-là, j’estime que l’adaptation doit pouvoir être autonome, se suffire à elle-même).

      • Ah oui d’ailleurs j’avais aussi lu L’écume des jours exprès pour voir le film. ALORS VOILA HEIN JE LIS LES LIVRES ALORS BON.

    • Xavier

      Tout à fait d’accord avec Filmosaure et Gibet et sur deux points:

      – Ces n’est pas parce qu’on met une tonne de fric dans un film qu’il sera bon. Sur ce point, Hollywood nous pourris trop souvent les neurones avec des bidons de lessive pour adoslescents décérébrés qui prennent les jeunes et les geeks pour des imbeciles ( comme dirait Yannick Dahan), qui confondent effets spéciaux avec scénario, références avec plagiat, et sens avec masturbation intellectuelle…

      – Quand je vais voir l’adaptation d’un roman à l’écran, quand je l’ai lu, je ne cherche pas à aller voir une paraphrase de l’oeuvre. Meme si, bien sur j’espère que celle-ci ne sera pas un prétexte pour faire n’importe quoi (exemple: Résident Evil…), mais plutot une vision, une interprétation.
      Dès lors, il n’est pas nécessaire d’avoir lu le livre pour apprécier le film. Et même si on a apprécié le livre, on pourra être surpris et touché par une oeuvre qui présentera une vision différente.

      Par exemple: les adaptations de Grisham à l’écran: des films comme la Firme ou le Maître du jeu présentent des aspects radicalement différent des livres et sont néanmoins des oeuvres de qualité qui respectent le roman dont elles sont tirées.

      C’est dans ce cas que l’on peut apprécier la qualité d’un réalisateur.
      Par exemple, le Tome 1 de la saga Millénium a connu deux adaptations:

      – le film de 2009 réalisé par Niels Arden Oplev et qui a notamment révélé Noomi Rapace au grand public

      – le film de 2011 réalisé par David Fincher.

      Ces deux films, qui racontent, somme toute, la même histoire, présentent néanmoins une vision bien différente du roman.

      C’est là que l’on voit l’importance du scénariste et du réalisateur pour présenter une interprétation de l’oeuvre.

      En tout cas Merci Filmosaure de m’avoir permi d’éviter de perdre mon temps une fois de plus.

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